
Alors que le mois sacré de Ramadan vient de commencer il y a quelques jours, les habitants du village de Tchalo-Zoudou, dans le département de Bang-Bang, dans la province du Guera, sont confrontés à une crise d’eau sans précédent. Cette pénurie met à rude épreuve la vie quotidienne des villageois, qui s’efforcent de concilier les exigences spirituelles du jeûne avec la nécessité vitale d’accéder à l’eau potable.
Situé à 15 kilomètres de la ville de Mongo, au canton de Dangaléat-Est, dans la sous-préfecture de Bang-Bang, le village de Tchalo-Zoudou fait face depuis le mois de février à un problème d’accès à l’eau potable. Avec une population estimée à 15 000 habitants, les villageois et leur bétail dépendent de trois points d’eau (puits ouverts) situés à 3 à 5 kilomètres du village. Chaque jour, les femmes, les hommes, les jeunes et les enfants bref les habitants considèrent l’accès à l’eau comme une priorité et doivent parcourir des longues distances pour remplir leurs récipients puis les transporter à coup de dos d’ânes, une tâche épuisante qui complique encore davantage leur quotidien.
Les villageois soulignent que la pénurie d’eau a des répercussions directes sur leur capacité à respecter les rites du Ramadan. «Il est difficile de jeûner sans avoir accès à l’eau potable pour rompre le jeûne et préparer le menu du ramadan ( iftar) », explique Fatime Alkhali Kantcho, une mère de famille, représentante des femmes du village. Pour elle, «ce problème impacte non seulement la scolarisation des filles, mais entraîne également de nombreux avortements prématurés en raison des longues distances parcourues». Au nom de toutes les femmes du village, elles lancent un appel d’aide urgent pour alléger leur souffrance quotidienne et améliorer leurs conditions de vie.
Pour le chef du village de Tchalo-Zoudou, Azène Abba, l’eau potable est devenue une denrée rare depuis plus de six ans, suite à la panne de deux pompes villageoises manuelles. La population de Tchalo-Zoudou utilise l’eau de ces puits ouverts, qui commencent à s’assécher vers le mois de mai, tandis que les eaux de pluie ne sont disponibles qu’en juin, dans les ruisseaux. Il lance un appel au gouvernement, ainsi qu’à toute personne de bonne volonté et aux ONG, afin qu’ils viennent en aide au village pour résoudre ce problème d’eau.
Notons qu’en ce mois de février, la situation devient d’autant plus critique pendant le mois de Ramadan, où l’eau est essentielle pour l’iftar, le repas de rupture du jeûne.
Idriss Mamadou Brahim, Guera-Flashtchad.com