
Dans le cadre de la célébration de la Semaine Nationale de la Femme Tchadienne (SENAFET) et de la Journée Internationale de la Femme (JIF) 2026, la Haute Autorité des Médias et de l’Audiovisuel (HAMA) a organisé une conférence-débat placée sous le thème, «Valorisation du travail et de l’image des femmes par les médias tchadiens » ce mercredi, 4 Mars 2026 dans la salle multimédia du Centre d’Etudes pour la Formation et de Développement (CEFOD). Reportage
Cette messe intellectuelle a réuni des professionnelles des médias, des juristes ainsi que des responsables d’organes de presse pour débattre de la place des femmes dans le paysage médiatique tchadien. Le panel de cette conférence est composé de la présidente de la HAMA Mme Halimé Assadya Ali, la première femme journaliste Achta Abdramane Aboubakar, la juriste et journaliste Konodji Isabelle Djetoloum et la promotrice de la radio Dja FM Zara Mahamat Yacoub.
Dans son intervention, la présidente de la HAMA Halimé Assadya Ali, a dressé un constat soulignant que malgré leur compétence et leur engagement, les femmes restent faiblement représentées dans les sphères décisionnelles des médias, notamment dans les domaines politique et économique. Elle a encouragé les femmes journalistes à s’imposer par leur professionnalisme, leur rigueur et leur compétence, ajoutant qu’il ne faut pas attendre uniquement les quotas pour occuper des postes de responsabilité. Pour elle, les programmes de contenus des médias doivent intégrer davantage les questions liées aux femmes et promouvoir leur leadership. Elle a également mis accent particulier sur l’importance de la vulgarisation des textes juridiques et de l’accompagnement institutionnel pour favoriser une meilleure participation féminine.
Pour la première Achta Abderamane Aboubakar a abordé la question sur l’éducation des filles comme fondement de toute transformation durable, plaidant pour un encouragement accru des jeunes filles à embrasser les métiers des médias et à occuper des postes stratégiques.
De son côté, la juriste et journaliste Konodji Isabelle Djetoloum a rappelé l’importance du cadre juridique dans la protection et la promotion des droits des femmes au sein des organisations médiatiques. Elle a ensuite proposé la mise en place de mesures incitatives en faveur des femmes, la création d’un observatoire national genre, l’intégration de dispositions spécifiques dans les cahiers de charges des médias et le renforcement des lois protégeant les femmes contre le harcèlement en milieu professionnel.
La promotrice de la radio Dja FM, Zara Mahamat Yakhoub, a dénoncé les stéréotypes persistants dans les rédactions. Elle a également évoqué le problème, dans certains cas, de réaliser des reportages qui ne correspondent pas à une vision professionnelle équilibrée et respectueuse de l’image des femmes. Elle a ensuite insisté sur la charte des médias, le traitement de l’information. Elle a également fait plusieurs propositions parmi lesquelles, la diversification de rôle et l’exercice dans le domaine des médias, le renforcement des experts, la formation et sensibilisation des Journalistiques aux stéréotypes du genre et de l’égalité, l’instauration des objectifs chiffrés et la lutte contre le sexisme.
Les échanges se sont poursuivis par des questions interactives entre les conférencières et les participants. La conférence-débat a été clôturée par une photo de famille.
Noël Adoum