
Hier samedi 13 juin 2026, les autorités gouvernementales ont visité le village de Kroup, dans la province du Mayo-Kebbi Est, suite à des affrontements intercommunautaires tragiques dans la sous-préfecture de Kim, ayant causé la mort de dix personnes et plusieurs blessés, selon le procureur. La Ministre Secrétaire Général du Gouvernement Ramatou Mahamat Houtoin a déploré l’absence de certaines autorités coutumières et déclaré, «un chef doit rester debout, même s’il est poignardé, doit attacher sa ceinture et appelé à la paix». Les parlementaires réagissent à déclaration jugée brûlante.
Dans un discours émouvant, la ministre a insisté sur la nécessité pour les autorités locales de prendre leurs responsabilités. « Nous sommes ici pour compatir avec vous en ce moment douloureux », a-t-elle déclaré, soulignant que les habitants du Mayo-Kebbi aspirent à la paix, à la stabilité et à un dialogue constructif. Elle a critiqué la tendance à généraliser les conflits et a appelé la justice à agir. « Chez nous, il n’y a pas de prix de sang », a-t-elle affirmé, déplorant l’absence des autorités traditionnelles lors de cette visite. La ministre Secrétaire Général du Gouvernement, Ramatou Mahamat Houtoin, a suscité la controverse avec sa déclaration selon laquelle, «un chef, même poignardé, doit attacher sa ceinture et appeler à la paix». Cette phrase a provoqué des réactions vives sur les réseaux sociaux, notamment de la part de certains parlementaires.
Le député Amollah Toua Robert Golbey a exprimé ses réserves face à la déclaration de la ministre. « Oui, il faut appeler à la paix… Mais la douleur d’une plaie ouverte permet-elle de rire, de danser ou même de manger un sac de riz offert en guise de consolation? ». Il poursuit, « Peut-on demander à des familles qui viennent de perdre leurs proches de ne parler que de paix, sans évoquer la justice et la vérité ?» a-t-il questionné. Selon lui, les populations touchées ont besoin non seulement de paix, mais aussi d’être écoutées et soutenues dans leur douleur. «Leur cri ne doit pas se perdre dans le silence » a-t-il ajouté avec indignation.
De son côté, le député Takilal Ndolassem a insisté sur le respect des autorités coutumières et a critiqué le retard du gouvernement à réagir face à la crise. « Vous avez mis dix jours pour venir Mme Ramatou Houtoin, Respectez vos autorités coutumières […] Le pouvoir ne vous donne pas le droit d’insulter les chefs de village », a-t-il déclaré, soulignant le «choc» que la vidéo de la ministre a provoqué. Il a également noté l’absence de communiqué officiel du gouvernement condamnant les violences dans le Mayo-Kebbi et a exhorté la ministre à respecter les chefs de village.
Adoum Noël