
Dans un contexte économique mondial en constante évolution, le Tchad se positionne comme un acteur clé de la diversification économique en Afrique centrale. Selon les récentes projections macroéconomiques de la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC), le pays est appelé à diversifier sa base productive, en se concentrant sur des ressources naturelles prometteuses comme l’or et l’antimoine. Ces deux secteurs devraient soutenir la croissance de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) entre 2027 et 2029.
L’antimoine, métal semi-métallique aux multiples applications industrielles, se distingue par son rôle crucial en tant que retardateur de flamme dans divers produits, allant des textiles aux équipements électroniques. Classé parmi les minéraux critiques par des puissances industrielles comme les États-Unis et l’Union européenne, son extraction est dominée par des pays comme la Chine. Ce statut stratégique pourrait offrir au Tchad une opportunité unique de se démarquer sur le marché international, attirant l’attention des investisseurs désireux de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement, a indiqué le site SIKA Finances.
Selon le site, cette diversification s’inscrit dans une dynamique plus large au sein de la sous-région, où d’autres pays comme le Gabon, le Cameroun et le Congo développent également leurs ressources minérales, notamment le fer. Le Tchad, avec une dépendance historique au pétrole brut, cherche ainsi à réduire cette vulnérabilité en diversifiant ses sources de revenus.
Pour la période 2027-2029, la CEMAC prévoit une croissance économique moyenne de 3,6%, soutenue par cette diversification du secteur extractif. Le Tchad, en particulier, dispose d’un taux de crédit global relativement bas (7,02% au premier trimestre 2026), ce qui pourrait faciliter le financement de nouveaux projets miniers, à condition que cette tendance se maintienne.
Cependant, ces perspectives optimistes dépendent de la gestion de contraintes énergétiques et logistiques qui persistent dans la région. Le Tchad, en tant que pays enclavé, doit également surmonter des défis liés à ses infrastructures de transport. Le récent blocage des activités portuaires à Douala a souligné la vulnérabilité du pays face aux problèmes d’évacuation de sa production minière, a indiqué la même source.
Le Tchad se trouve à un tournant décisif, où la diversification de son économie pourrait transformer son avenir. Les projets liés à l’or et à l’antimoine offrent une lueur d’espoir, mais leur succès dépendra de la capacité du pays à surmonter ses défis logistiques et à améliorer le climat des affaires.
Adoum Noël