
La proposition de Succès Masra sur une gouvernance fondée sur une « double parité » suscite déjà des réactions. L’ancien Premier ministre et président des Transformateurs a plaidé pour un gouvernement d’union nationale composé à 50 % de chrétiens et 50 % de musulmans, avec une représentation à parts égales entre hommes et femmes.
Cette approche inquiète le Réseau des Associations de Défense des Droits de l’Homme du Tchad (RADHT). Dans une prise de position, son secrétaire général, Djidda Oumar Mahamat, appelle à éviter que la gestion de l’État ne soit structurée autour des appartenances religieuses ou régionales.
Pour le RADHT, l’histoire du Tchad montre les risques liés à l’instrumentalisation des identités. L’organisation estime que la sortie de crise doit plutôt s’appuyer sur une citoyenneté commune, l’égalité devant la loi et des institutions impartiales.
Le réseau rappelle également que la grâce présidentielle accordée à Succès Masra et à huit autres responsables de l’opposition doit favoriser l’apaisement et la réconciliation. Elle ne devrait pas, selon lui, ouvrir la voie à de nouvelles lignes de fracture.
Le RADHT appelle ainsi les acteurs politiques à privilégier un dialogue national axé sur la paix, la cohésion sociale, le développement et l’avenir de la jeunesse. Il réaffirme enfin son attachement à la laïcité et à une République où chaque citoyen doit être considéré selon ses droits et ses devoirs, plutôt que selon sa confession ou son origine régionale.
Akouane Soussé