
Depuis la défaite des Sao face au Ghana, une vague d’attaques s’abat sur le sélectionneur national Tahir Zakaria Gardia, devenu en quelques jours la cible privilégiée des détracteurs. Certains vont jusqu’à s’attaquer à son apparence physique, preuve de la vacuité de leurs arguments. Cette cabale acharnée et malhonnête mérite d’être dénoncée avec force.
Plutôt que de s’acharner sur l’homme, il serait plus intelligent de chercher les véritables causes de cette déconvenue. Comment peut-on sérieusement reprocher à Tahir Zakaria Gardia une défaite alors qu’il a été nommé presque à la veille de la préparation des deux matchs ? Laisser croire qu’un entraîneur fraîchement désigné, sans préparation adéquate, peut transformer instantanément une équipe relève d’une malhonnêteté intellectuelle sans nom.
Il reste encore quatre matchs à jouer dans cette campagne, et pourtant certains ont déjà rendu leur verdict. Comment juger un projet en plein chantier ? Est-ce cela l’esprit sportif ? À l’heure où il faudrait faire bloc autour de l’équipe, certains préfèrent scier la branche sur laquelle repose l’avenir des Sao.
On oublie volontairement de rappeler que Tahir Zakaria Gardia est loin d’être un amateur parachuté au hasard. Détenteur de la licence A CAF/FIFA, il possède les compétences nécessaires pour diriger une équipe nationale. Ceux qui osent douter de son parcours feraient bien de se renseigner sur les exigences d’un tel diplôme, véritable gage de savoir-faire et de professionnalisme.
Mais ce n’est pas tout. Depuis sa nomination, le coach a dû faire face à de multiples obstacles. Boycott de certains joueurs autoproclamés indispensables, pressions de toutes parts et critiques incessantes. Il a choisi de faire avec les moyens disponibles. La cohésion est en marche, la dynamique commence à prendre, et pourtant, certains s’acharnent déjà à couper l’élan naissant.
Les fossoyeurs de l’espoir
Qu’on se le dise, soutenir le coach Tahir Zakaria Gardia n’est pas une question de nationalisme aveugle, mais de bon sens et de lucidité. Ceux qui aujourd’hui crient au scandale après une défaite sont les mêmes qui se pavaneront en cas de succès, feignant l’oubli de leur comportement.
Les vrais passionnés du ballon rond le savent, on ne construit pas un succès en démolissant les fondations avant même qu’elles ne prennent forme. Les fossoyeurs de l’espoir doivent faire silence et laisser le temps au travail bien fait.
Dans cette affaire, il faut le dire très honnêtement, le Ministre de la Jeunesse et des Sports s’illustre par une ingérence inadmissible. Désormais, il se verrait en grand maître des manœuvres douteuses, réincarné en fossoyeur du football tchadien, prêt à plonger une fois de plus notre sport national dans l’abîme des querelles intestines. N’a-t-il donc tiré aucune leçon de l’histoire récente ? La Fédération Tchadienne de Football Association a déjà été gangrenée par ce genre d’interventions moyenâgeuses, où l’arrogance et l’avidité prenaient le pas sur l’éthique et l’esprit sportif. Ce qui avait valu la sanction de la FIFA.
Dans le même temps, les joueurs démissionnaires, eux, semblent sur le point de revenir à de meilleurs sentiments. Mais cela, bien sûr, ne plaît guère aux sinistres saboteurs des Sao, ceux-là mêmes qui complotent dans l’ombre pour maintenir leur emprise néfaste.
Il faut tirer la sonnette d’alarme avant que ce ministre zélé et ses acolytes n’achèvent de dévaster ce qui reste de l’honneur sportif tchadien.
Steven Ngarhokarial