
Au premier trimestre 2025, l’offre de financement bancaire au Tchad s’est nettement contractée, sur fond de renchérissement du coût du crédit pour le secteur privé.
Au premier trimestre 2025, l’offre de crédit bancaire au Tchad s’est nettement contractée. Selon le rapport de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) sur l’évolution des taux débiteurs dans la CEMAC, l’enveloppe globale des nouveaux crédits octroyés par les établissements de crédit est tombée à 168,5 milliards FCFA, contre 232,3 milliards FCFA un an plus tôt, soit une baisse de 27,5% en glissement annuel. La contraction est encore plus marquée en comparaison trimestrielle, avec un recul de 41,2% par rapport au quatrième trimestre 2024, où les nouveaux crédits atteignaient 286,5 milliards FCFA. Cette baisse en valeur intervient alors même que le nombre de crédits accordés progresse légèrement à 8 543 (+2,72%) sur un an, a indiqué le site EcoMatin.
Selon le site, la structure du marché confirme une concentration du crédit autour de quelques établissements. La Commercial Bank Tchad (CBT) domine l’offre avec 26,23% des crédits distribués, devant Coris Banque Tchad (15,52%), BSIC (14,43%), Orabank Tchad (13,69%), Ecobank Tchad (12,36%) et UBA Tchad (9,13%). Dans ce contexte de repli, les entreprises demeurent les principales bénéficiaires du crédit bancaire, captant 85,44% de l’enveloppe globale, soit 144,0 milliards FCFA, contre 169,3 milliards FCFA un an auparavant.
Dans le détail, les PME apparaissent parmi les segments les plus affectés. Les crédits qui leur sont destinés ont reculé à 50,6 milliards FCFA, représentant 30,19% du total, contre 70,12 milliards FCFA au premier trimestre 2024 et 60,8 milliards FCFA au trimestre précédent. Les grandes entreprises (GE) enregistrent également une contraction, avec 93,2 milliards FCFA mobilisés sur la période, soit 55,26% de l’enveloppe globale, contre 99,2 milliards FCFA un an plus tôt. Les ménages ne sont pas épargnés : les crédits aux particuliers ont diminué de 14,03% en glissement annuel, à 15,2 milliards FCFA, traduisant un accès plus contraint au financement de la consommation et de l’habitat.
La contraction est encore plus marquée du côté du secteur public, dont les concours bancaires se sont effondrés à 8,8 milliards FCFA, contre 45,3 milliards FCFA un an auparavant. A l’inverse, les autres personnes morales (hors PME et GE) restent marginales, avec 0,6 milliard FCFA mobilisé sur la période. Par maturité, la prudence des banques est manifeste: 85,06% des crédits accordés sont à court terme, contre 7,23% à moyen terme et 7,71% à long terme, limitant le financement de projets d’investissement structurants. Alors que le coût du crédit a globalement augmenté.
Les taux effectifs globaux (TEG) moyens appliqués aux particuliers ont progressé à 17,45%, contre 15,73% un an plus tôt. Pour les PME, le TEG moyen s’établit à 6,37%, en hausse de 64 points de base, tandis que celui des grandes entreprises atteint 3,73%, contre 3,24% un an auparavant. À rebours de cette tendance, les conditions se sont légèrement assouplies pour les administrations publiques, avec un taux moyen ramené à 6,09%, contre 6,66% un an plus tôt. Dans l’ensemble, la baisse de l’offre de crédit en valeur, conjuguée à la hausse des coûts pour les agents privés, confirme un resserrement effectif des conditions financières au Tchad au début de l’année 2025, dans un environnement économique encore marqué par l’incertitude.
Flashtchad.com avec EcoMatin