
Le Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) sort de sa réserve suite au déplacement du président tchadien Mahamat Idriss Deby Itno à Paris. Dans un communiqué publié ce 29 janvier 2026, l’organisation regroupant une dizaine de partis politiques d’opposition dénonce avec virulence le resserrement des liens entre Paris et le régime tchadien, qu’elle qualifie de « totalitaire », et alerte sur des accords jugés dangereux pour l’avenir du pays.
Pour le GCAP, cette visite s’inscrit dans un contexte explosif, insécurité persistante au sud, tensions militaires latentes à l’est, à l’ouest et au nord, crise économique aiguë et fermeture quasi totale de l’espace politique. C’est dans ce climat, estime le groupe, que se négocieraient à Paris des accords « contre le peuple tchadien », destinés avant tout à redonner une « légitimité internationale à Mahamat Idriss Déby, après le coup d’État du 20 avril 2021 ».
Le GCAP affirme que la France, après avoir « accompagné la transition et cautionné le processus politique ayant conduit à l’installation du chef de l’État, s’apprêterait à le sauver une seconde fois ». En échange des « concessions minières stratégiques, coopération militaire renforcée, accès sécuritaire privilégié et intérêts économiques pour les entreprises françaises », explique le communiqué.
Le GCAP rappelle que depuis 2021, les violations graves des droits humains se sont multipliées, répression des manifestations du 20 octobre 2022, assassinat de l’opposant Yaya Dillo en février 2024, arrestations politiques, élections contestées et contrôle accru des libertés publiques. Autant de dérives face auxquelles, selon le GCAP, Paris n’a jamais élevé la voix.
Dans un ton résolument politique, le groupe pose une ligne rouge, toute coopération conclue avec un régime qu’il juge illégitime sera combattue. « Il n’y aura pas de France au Tchad sans le peuple tchadien », martèle le communiqué signé professeur Avocksouma Djona, appelant à une mobilisation nationale et de la diaspora pour dénoncer ce qu’il considère comme un pacte de survie entre intérêts français et pouvoir tchadien.
Les autorités n’ont pas encore réagi face à ces accusations.
Abderamane Moussa Amadaye