
Le Tchad se distingue sur la scène continentale en occupant le 10e rang en Afrique et le 1er au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) dans le classement des pays africains les plus compétitifs dans les chaînes de valeur vertes pour l’année 2025 selon «The Growth Lab». Le classement évalue 145 pays selon la diversité et le degré de sophistication de leurs intrants et technologies essentiels à la transition énergétique mondiale. Les pays producteurs de minerais critiques bruts se trouvent ainsi fortement pénalisés.
La Tunisie et le Maroc sont les pays africains les plus compétitifs dans les chaînes de valeur vertes, selon un classement publié en novembre 2025 par The Growth Lab, un think tank rattaché à la Harvard Kennedy School (Université de Harvard). Le «Greenplexity Index» mesure l’étendue et la complexité de la participation de 145 pays du monde aux chaînes de valeur vertes, c’est-à-dire aux technologies, aux minerais et aux intrants qui sont au cœur de la transition énergétique mondiale, en se basant sur des données datant de 2023. La méthodologie retenue repose sur les mêmes principes que ceux de l’indice complexité économique de Growth Lab, qui évalue la diversité et la sophistication des capacités de production des pays en examinant leurs paniers d’exportations. Ces principes sont appliqués spécifiquement aux industries cruciales pour la transition énergétique, telles que celles liées à l’extraction et la transformation des minerais critiques et à la production des technologies et intrants essentiels à la transition énergétique mondiale.
Ainsi, le Greenplexity Index mesure la présence concurrentielle d’un pays dans les chaînes de valeur vertes, en évaluant à la fois l’étendue (nombre et diversité de produits verts dans lesquels un pays est compétitif) et la profondeur (complexité de ces produits verts, suggérant un degré plus élevé de sophistication technologique et de savoir-faire). Et c’est pour cette raison d’ailleurs que les pays qui produisent des minerais critiques bruts sans disposer de capacités de transformation et de fabrication de produits semi-finis et finis occupent le bas du tableau.
La Tunisie occupe le 33e rang mondial et placé premier sur le continent africain, le Maroc (58e rang mondial) occupe la deuxième position à l’échelle africaine, devant l’Egypte (64e rang mondial), Maurice (67e), l’Afrique du Sud (69e), Eswatini (76e), le Togo (78e), le Bénin (79e) et le Burkina Faso (87e). Le Tchad (89e rang mondial) ferme le Top 10 africain.
Ainsi le Tchad se classe premier dans la zone CEMAC devant la Guinée Équatoriale (92e rang mondial) 12e à l’échelle africaine, le Gabon (110e rang mondial), 21e à l’échelle africaine, le Cameroun (111e rang mondial), 22e à l’échelle continentale et le Congo (127e rang mondial), 32 position en Afrique. Ce classement vient à un moment où le Tchad cherche à diversifier son économie, traditionnellement axée sur l’agriculture, l’élevage et l’exploitation des ressources pétrolières. En mettant l’accent sur les chaînes de valeur vertes, il vise à renforcer sa compétitivité pour répondre aux préoccupations environnementales croissantes.
Dans le classement fugue également les trois derniers à savoir le Nigeria (143e rang mondial), 38e à l’échelle africaine, la Tanzanie (144e rang mondial), 39e en Afrique et la République Démocratique du Congo (145e rang mondial) et 40e sur le continent africain.
Le Directeur du Growth Lab et professeur à la Harvard Kennedy School a expliqué à son collaborateur que, «les pays qui ont une présence complexe et diversifiée dans les chaînes de valeur vertes ont la capacité de croître dans un monde en voie de décarbonation. L’indice Greenplexity montre qui est prêt à prendre les devants et qui doit agir rapidement pour rattraper son retard s’il veut profiter de cette opportunité de croissance», dit-il.
Noël Adoum