Tout reste suspendu à cette nuit de février où ton nom a été arraché à la vie publique, où ton destin a été scellé dans l’obscurité. Disparition ? C’est le mot qu’ils ont choisi. Une absence imposée, un vide que personne n’a su combler, une énigme que l’on tente d’étouffer sous les discours creux et les pages refermées à la hâte.

Mais qui peut refermer un livre dont il manque les derniers chapitres ? Qui peut prétendre à la paix quand les fondements mêmes de la justice sont ébranlés ? Ils nous disent d’oublier, d’aller de l’avant, de tourner la page. Mais comment ? Comment avancer quand une ombre plane sur l’histoire, quand une voix s’est tue sans explication, quand une vie a été effacée sans rendre de comptes ?

Ils peuvent réécrire les récits, manipuler les faits, feindre l’apaisement. Mais il y a une chose qu’ils ne pourront jamais faire : inverser le cours du temps, empêcher l’histoire de réclamer son dû. La vérité a une patience que les hommes n’ont pas. Elle attend son heure. Elle s’insinue dans les silences, elle pèse sur les consciences, elle suit les pas de ceux qui voudraient l’éviter.

Un jour viendra où l’on nommera les choses comme elles doivent l’être. Où l’on cessera de parler de disparition pour parler de responsabilité. Où l’on cessera d’inventer des explications pour enfin se confronter à la seule réalité qui vaille : celle d’un homme qu’on a voulu faire taire, mais dont le souvenir est plus fort que l’oubli.

Alors nous attendons. Pas dans l’inaction, pas dans la résignation, mais dans la certitude que l’histoire, tôt ou tard, finit toujours par retrouver son équilibre.

TAHANI Maki Adam

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