Le Tchad, à l’instar des autres pays du monde, a célébré la Journée Mondiale de l’Eau ce dimanche 22 mars 2026. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie a souligné un progrès notable, bien que la pénurie d’eau persiste dans de nombreux villages du pays de Toumaï.

À l’occasion de cette célébration, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, a déclaré, « Aujourd’hui, 63,5 % de la population tchadienne a accès à l’eau potable, un progrès notable comparé aux années précédentes. Toutefois, le défi reste de taille en matière d’assainissement, où seulement 23 % de la population bénéficie de services de base. » Pour lui, l’année 2025 a été marquée par des réalisations significatives dans le secteur hydraulique, parmi lesquelles figurent la construction de châteaux et de mini-châteaux d’eau, l’installation de pompes à motricité humaine et la création de puits pastoraux.

La déclaration du ministre de l’Eau et de l’Énergie, selon laquelle ses réalisations sont significatives, a été critiquée par certains citoyens tchadiens. Izadine Ahmat Tidjani, coordonnateur de la COSADT, dénonce « un mensonge » au sommet du régime du parti au pouvoir. Il souligne que le ministre fait des révélations qui sont totalement en décalage avec la réalité. « C’était juste une communication politique pour plaire au Président et aux bailleurs qui ont injecté des milliards, mais qui ont été détournés », a-t-il indiqué. Pour lui, le chiffre de 63,5 % avancé par le ministre est faux. « Même à N’Djamena, la capitale, l’accès à l’eau potable ne dépasse pas 20 %, car sur les 10 arrondissements, seuls 3 ou 4 ont accès à l’eau potable. Les autres se contentent de boire l’eau des forages qu’ils ont eux-mêmes creusés », a-t-il ajouté.

M. Izadine Ahmat Tidjani souligne que, dans les provinces, le taux est encore plus bas et qu’on ne parle pas d’eau potable, mais « d’eau douteuse, et cela ne dépasse pas 15 %. » Dans le sud du Tchad, la population n’a plus accès à l’eau. Il faut parfois faire des kilomètres pour en trouver, et c’est souvent l’eau des marigots. « L’accès à l’eau reste une urgence nationale, et la population tchadienne en a vraiment besoin », a-t-il laissé entendre.

Le député Alladoum Djarma Baltazar souligne que, si à N’Djamena, seulement environ 6 % de la population dispose d’un accès direct à l’eau courante et contrôlée à domicile, alors que de Bongor jusqu’à la Tandjilé, en passant par Djoumane-Kim et Dray-Mbassa, « nos femmes parcourent plus de 30 minutes avant de s’approvisionner en eau potable. Quelle alchimie a permis d’obtenir ces chiffres ? S’agit-il d’une confusion entre l’eau sale et l’eau potable ? Ou bien, désormais, nos puits traditionnels sont-ils comptabilisés ? » s’interroge le député.

Cependant, une réalité préoccupante demeure, car de nombreuses localités, notamment en provinces (Guera, Ouaddaï, Ennedi-Est, Batha ou Mayo-Kebbi), souffrent d’une grave pénurie d’eau. Dans des villages comme Tchalo Zoudou et bien d’autres, les habitants témoignent de leur lutte quotidienne pour accéder à cette ressource essentielle et vitale. Ils font face depuis le mois de février à un problème d’accès à l’eau potable dont les puits et les « marigots » sont situés à de dizaine de kilomètres.

Noël Adoum

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