
La libre circulation des personnes au sein de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) demeure un principe fondamental des textes communautaires. Pourtant, sur le terrain, son application continue de susciter des interrogations, notamment à l’aéroport international de Libreville, où certains voyageurs tchadiens affirment être confrontés à des exigences administratives jugées contraignantes.
Selon les dispositifs juridiques de la CEMAC, les ressortissants des États membres (Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad ) sont autorisés à circuler librement sans visa pour des séjours de courte durée.
Toutefois, dans la pratique, les autorités de contrôle aux frontières peuvent exiger des documents complémentaires, tels qu’une preuve d’hébergement ou une justification du motif du voyage.
C’est ce qu’a vécu Mahamat Hachim, un ressortissant tchadien, récemment arrivé à l’aéroport international Léon Mba de Libreville. Interrogé par la rédaction, il raconte une expérience qui l’a profondément marqué.
« À mon arrivée, le policier m’a demandé une lettre d’invitation et une réservation d’hôtel. Je lui ai expliqué que je venais rendre visite à un proche, mais il insistait pour voir des documents écrits. Sans cela, il m’a fait comprendre que je risquais d’être refoulé », témoigne-t-il.
Après plusieurs heures d’attente et explications , le voyageur a finalement été autorisé à entrer sur le territoire gabonais. Une situation qui, selon lui, contraste avec l’esprit de libre circulation prôné par la CEMAC.
Ces contrôles renforcés soulèvent néanmoins des critiques de la part des usagers et de certains observateurs, qui estiment qu’ils constituent un frein à l’intégration régionale. Pour eux, l’absence d’harmonisation claire entre les textes communautaires et les pratiques nationales entretient la confusion et fragilise la confiance entre États membres.
En attendant une application uniforme des règles de la libre circulation, les voyageurs ressortissants de la CEMAC sont appelés à la prudence.
Les spécialistes du transport aérien recommandent de se munir, même lorsque cela n’est pas explicitement exigé, d’une lettre d’invitation, d’une réservation d’hôtel et d’un billet retour afin d’éviter tout désagrément à l’arrivée.
Ahmat Abdelrahmane Kikigne