
Battu 4-0 à domicile par le Burundi le 27 mai dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations, le Tchad a vécu une nouvelle désillusion qui a ravivé les tensions autour de l’état de son football. Face à l’ampleur des réactions sur les réseaux sociaux, le député et ancien secrétaire général intérimaire de la Fédération tchadienne de football, Dr Baba Ahmat Baba, a pris la parole pour livrer une analyse sans complaisance.
« Je suis sidéré depuis cet après-midi en lisant beaucoup des compatriotes sur les réseaux sociaux. Oui, je comprends leur frustration à la suite de cette énième défaite des SAOs version football », a-t-il déclaré, avant de souligner que ce revers ne saurait être réduit à un simple accident de parcours. Pour l’élu, la défaite de l’équipe nationale, sous sa forme actuelle, renvoie à des défaillances structurelles accumulées depuis des années.
Au nombre des facteurs expliquant ce retard, l’ancien dirigeant pointe une absence de politique de développement à la base, un vide dans les catégories de jeunes, un manque chronique de financements adéquats ainsi qu’une gouvernance défaillante. « Beaucoup pensent à tort que la solution est l’organisation des états généraux des sports. On organise généralement les états généraux pour identifier les problèmes et trouver des solutions. Or, pour le football tchadien, les problèmes et les solutions sont connus », a-t-il rappelé.
Refusant de réduire cette situation à des querelles de personnes, il met en garde contre toute tentative de récupération. « Profiter de la défaite des SAOs version football pour espérer régler des problèmes personnels entre tel et tel est simplement mesquin », a-t-il affirmé.
Enfin, le député invite la nouvelle équipe dirigeante de la Fédération à concentrer ses efforts sur la mise en œuvre de son programme de développement. « Ainsi, on aura une équipe nationale compétitive qui remplira les cœurs des Tchadiens de joie », a-t-il conclu, appelant à une priorisation de la détection des jeunes talents sur l’ensemble du territoire.
Azibert Moussa