
Le Premier Ministre sénégalais Ousmane Sonko a réagi hier, à l’escalade militaire au Moyen-Orient, suite aux frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Dans une vidéo publiée sur sa page officielle, il a appelé à mesurer toutes les conséquences et toutes les implications d’un conflit qu’il qualifie explicitement de « guerre ».
Le premier ministre sénégalais a relevé que depuis deux jours, s’est déclenchée au Moyen-Orient une guerre tout en citant directement les États-Unis d’Amérique et leur allié Israël, qui ont choisi de frapper l’Iran, et qui ont déclenché la riposte de ce pays qui a embrasé toute la région du Golfe a-t-il souligné.
Le chef du gouvernement sénégalais souligne que l’hypothèse d’un conflit circonscrit à la région serait illusoire, estimant que les frappes initiales et la riposte iranienne pourraient entraîner une chaîne de réactions impliquant d’autres acteurs. « Des frappes ont été opérées, une réaction s’est déclenchée, qui peut entraîner d’autres réactions avec d’autres acteurs qui vont entrer dans le conflit, et peut-être des ramifications qui dépasseront cette partie du monde », a-t-il déclaré. Pour lui, «nous sommes dans une situation de remplacement du contrat social mondial par un retour à l’état de nature». Il a déploré la remise en cause du droit international, « de liquidation du droit international où un pays peut se donner le droit, à tout moment, de kidnapper des présidents, de s’attaquer à d’autres pays, d’asphyxier des pays pour annoncer en prendre possession pacifiquement plus tard. »
Ousmane Sonko a affirmé qu’ «un pays, sans résolution ni mandat des Nations Unies, peut décider de frapper d’autres pays, d’assassiner leurs dirigeants […] Ceci est extrêmement grave et tout l’équilibre du monde qui a été construit sur ces 45 dernières années, voire ces 50 dernières années, s’en trouve compromis», a-t-il ajouté, avant d’aborder les implications économiques et énergétiques du conflit. « Il nous faut mesurer toutes les conséquences de ce conflit qui dépasse le simple aspect militaire. Nous savons tous qu’aujourd’hui, le trafic autour du détroit d’Ormuz est compromis […] Et nous savons que minimum 40 % ou 30 % du pétrole mondial, des hydrocarbures mondiaux, passent par ce détroit », a affirmé le chef du gouvernement sénégalais. Pour Sonko, les répercussions pourraient être significatives pour de nombreux pays, car « les impacts sur le plan économique pour tous les pays, dont le Sénégal, dont la consommation en produits pétroliers dépend de ces trafics-là, les conséquences seront très importantes », a-t-il expliqué.
Enfin, Ousmane Sonko a déclaré qu’il est très difficile de parler de l’Afrique puisque, «les Africains n’ont jamais pris leurs responsabilités pour comprendre les enjeux et comprendre qu’ils n’ont pas d’amis, ils n’ont pas de parents, et qu’ils doivent compter sur eux-mêmes », a-t-il ajouté. «Nous sommes le continent qui n’existe pratiquement pas sur la carte géopolitique, et qui semble être le seul à l’ignorer. Nous sommes là encore dans des débats secondaires qui n’apportent rien à l’Afrique», conclut le premier ministre sénégalais.
Noël Adoum