
Les violences survenues à Korbol, dans la province du Moyen-Chari, continuent de susciter de vives réactions sur l’échiquier politique tchadien. Dans un communiqué de presse rendu public le 17 janvier 2026, le Mouvement des Démocrates Africains (MODEMA) a exprimé sa « vive préoccupation » face aux affrontements opposant les forces de l’ordre au mouvement rebelle MDRP, un épisode sanglant marqué par des pertes humaines, la destruction de villages et de lourdes souffrances infligées aux populations civiles.
Tout en présentant ses condoléances aux familles des soldats et des civils tués, le MODEMA dit condamner fermement toute violence dirigée contre les civils et leurs biens. Le parti pointe notamment des images largement relayées sur les réseaux sociaux montrant des villages incendiés et des biens civils détruits par des éléments identifiés comme appartenant aux forces de l’ordre. Des faits qualifiés de « graves », pour lesquels le mouvement exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et transparente afin d’établir les responsabilités.
Au-delà de Korbol, le MODEMA alerte également sur la dégradation de la situation sécuritaire à l’Est du pays, fragilisé par les risques de débordement du conflit soudanais. S’il réaffirme son soutien aux forces de défense engagées dans la protection des frontières, le mouvement estime que les réponses strictement militaires ne peuvent apporter de solution durable.
Plaidant pour la cessation des hostilités, la protection stricte des civils et l’ouverture d’un dialogue inclusif sous l’égide d’un médiateur crédible, le MODEMA rappelle que seule la justice, l’égalité et la paix peuvent garantir une stabilité durable au Tchad. Une prise de position qui relance le débat sur la gestion politique et sécuritaire des crises internes du pays.
Abderamane Moussa Amadaye