
Le gouvernement doit noter que la Gestion des Frontières est Révélatrice de la Puissance d’un État.
Voyons l’exemple des Monts de Lam au Tchad
La gestion des frontières est un élément fondamental de la souveraineté d’un État. Un État puissant se distingue par sa capacité à:
👉 protéger ses frontières,
👉assurer la sécurité de ses citoyens
👉et à contrôler les flux de personnes et de marchandises.
Or, la situation préoccupante dans les Monts de Lam, où des groupes armés venus de la République centrafricaine (RCA), du Cameroun et d’autres parties même du territoire national tchadien commettent des exactions sur cette partie frontalière, révèle une faille majeure dans l’autorité de l’État tchadien.
Cette lettre ouverte met en lumière cette faiblesse et propose des solutions pour restaurer l’autorité de l’État et garantir la sécurité des populations locales des Monts de Lam.
1. Une Frontière Perméable, un Signe de Faiblesse Étatique
1.1. L’insécurité transfrontalière : une menace persistante
Les Monts de Lam, situés à la frontière entre le Tchad, la RCA et le Cameroun, sont devenus un refuge pour des groupes criminels et armés qui exploitent la faiblesse du contrôle étatique pour mener des attaques contre les populations locales. Ces groupes profitent de la porosité des frontières pour circuler librement, mener des pillages, des assassinats et des enlèvements sans être inquiétés.
1.2. Un déficit de présence de l’État tchadien
L’incapacité des forces de sécurité tchadiennes à contenir ces incursions démontre un manque de surveillance et une absence de dispositifs efficaces de contrôle des frontières. En d’autres termes, la souveraineté du Tchad est remise en cause dans cette zone, ce qui affaiblit son autorité et expose les populations à l’insécurité chronique.
1.3. Un impact socio-économique et politique
L’insécurité dans cette région a des conséquences graves :
👉Un déplacement massif des populations locales vers des zones plus sûres.
👉Une paralysie des activités économiques, notamment l’agriculture et le commerce transfrontalier.
👉Une perte de confiance des citoyens envers l’État, pouvant nourrir des frustrations et favoriser l’implantation de groupes rebelles.
2. Des Solutions pour Renforcer l’Autorité de l’État
2.1. A défaut d’ériger les Monts de Lam en Province, il faut renforcer la présence sécuritaire aux frontières
👉Augmenter les effectifs des forces de sécurité et créer des postes avancés dans les Monts de Lam.
👉Équiper les forces de l’ordre avec du matériel moderne (Pourquoi pas des drones, caméras de surveillance, radars de détection s’il faut moderniser les choses).
👉Mettre en place des patrouilles conjointes avec le Cameroun et la RCA pour un meilleur contrôle des mouvements transfrontaliers.
2.2. Coopération régionale et diplomatique
👉Organiser un sommet trilatéral (Tchad-RCA-Cameroun) pour harmoniser les stratégies de lutte contre l’insécurité transfrontalière.
👉Mettre en place un mécanisme de renseignement partagé entre les trois pays.
👉Renforcer les accords de coopération militaire et judiciaire pour permettre des poursuites transfrontalières des criminels.
2.3. Implication des populations locales
👉Encourager la création de comités de vigilance composés d’habitants locaux pour signaler tout mouvement suspect.
👉Sensibiliser les populations à la collaboration avec les forces de sécurité et les autorités locales.
👉Développer des projets de développement local pour donner des alternatives économiques aux jeunes, susceptibles d’être recrutés par des groupes criminels.
Enfin, il ne faut pas oublier que l’incapacité de l’État tchadien à sécuriser ses frontières dans les Monts de Lam témoigne d’une fragilité qui doit être rapidement corrigée. Une réponse sécuritaire forte, couplée à une coopération régionale et à une implication des populations locales, est essentielle pour restaurer l’autorité de l’État. Un État fort est celui qui protège ses citoyens et garantit l’intégrité de son territoire. Le Tchad a donc tout intérêt à agir rapidement pour éviter que cette région ne devienne un foyer incontrôlable d’insécurité.
DJEKOUNLAR KOULANOUDJI ROLAND (Natif des Monts de Lam)
Colonel d’aumônerie
Expert en Paix et Sécurité (Université de Maroua au Cameroun)
Expert en Diplomatie spécialisée en Droit de l’homme et humanitaire (Université Multinationales Ambam à Soa à Yaoundé au Cameroun)
Spécialiste en Défense, Sécurité et Prospective (Institut des Stratégies à Abidjan en Côte d’Ivoire)