Sur invitation d’Emmanuel Macron, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno sera reçu à l’Élysée, marquant un premier geste concret après plus d’un an de tensions entre Paris et N’Djamena, suite à la rupture de l’accord militaire voulu par le Tchad.

Pour Mahamat Elhadj Brahim, juriste et analyste politique, « le dégel des tensions est bel et bien acté, dès lors que Paris invite N’Djamena et que N’Djamena accepte, presque en fanfare. Ce rapprochement relève davantage d’une nostalgie diplomatique que d’un véritable sursaut de normalisation », dit-il .Il précise que « la France a certes perdu de l’influence dans la sous-région, mais pas au Tchad. Elle y est simplement en veilleuse. Ce retour s’inscrit très probablement dans les futures stratégies des relations internationales que la France pourrait adopter vis-à-vis de pays perçus comme hostiles », a-t-il expliqué.

Concernant les intérêts français, l’analyste note que « Paris ne cherche pas un rachat immédiat de son influence, mais à garder un œil stratégique sur le Sahel. Un Tchad acquis, c’est un levier sur l’Alliance des États du Sahel (AES) ».

Du côté tchadien, il observe que « N’Djamena attendait à bras ouverts le dégel des relations avec la France, mais pas à n’importe quelle condition. Le pouvoir en place tenait absolument à sa souveraineté sur la politique interne ».

Sur la politique interne, Brahim pense que « la France a perdu son droit de veto sur la politique tchadienne. La libération de certaines figures de l’opposition pourrait être envisagée, mais sans réelle influence à court terme », dit-il.

Ce rendez-vous parisien, conclut l’analyste, « est avant tout un geste stratégique inscrit dans les équilibres internationaux et régionaux, plutôt qu’un signe de renouveau démocratique. »

Abderamane Moussa Amadaye

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