À l’approche de la fête du Ramadan, l’effervescence est palpable dans les ateliers de couture. À moins de 24 heures de l’événement, les couturiers sont sous pression, travaillant sans relâche pour finaliser les tenues de leurs clients. Cependant, des tensions montent entre les couturiers et leurs clients. L’équipe de Flash-Tchad s’est rendue sur place.

Dans les ateliers de couture, l’ambiance se fait remarquer par l’abondance de clientèle. Du marché de Dembé, en passant par le marché à mil, le grand marché, le marché de Diguel ainsi que dans divers quartiers, les ateliers de couture sont saturés d’habits, envahis par des tissus colorés et des clients impatients, désireux d’arborer les dernières tendances lors des célébrations de l’Aïd El-Fitr. Les ateliers sont bondés de couturiers affairés, jonglant entre machines à coudre et tissus pour offrir des créations sur mesure. Certains tailleurs travaillent jusqu’à 24 heures d’affilée, ne comptant ni les heures ni la fatigue. « C’est une période cruciale pour nous. Chaque minute compte, et nous voulons que nos clients soient satisfaits parce que nous avons ramassé des tonnes de tissus. Mais Dieu merci, nous nous sommes battus pour finir un bon nombre de commandes », explique Ahmat Seïd, un couturier résidant au quartier Mardjan Daffack.

« Les commandes affluent, et les demandes express (dernière minute) sont monnaie courante. Les clients, qui espèrent porter des vêtements uniques et traditionnels, sont souvent pressés et ne nous laissent pas le temps de travailler normalement », a déclaré Abdelkerim Djidda, habitant le même bâtiment qu’Ahmat.

Les couturiers s’attachent à chaque détail, des broderies délicates aux finitions impeccables. «Nous ne faisons pas que des vêtements, nous créons des styles selon la préférence des clients», a indiqué Mahamat Ali, brodeur de son état. La pression est d’autant plus forte cette année, avec une concurrence accrue et des clients de plus en plus exigeants, a-t-il ajouté.

Brahim Mahamat Oumar, licencié en géographie et couturier au quartier Amriguébé, affirme que dans son atelier, le prix reste toujours le même, mais le volume de travail est devenu énorme. Brahim coud les habits selon la valeur du tissu, parmi lesquels figure le tissu Gezner qu’il coud à 10 000 F, le tissu Shampo à 7 500 F, le tissu simple ordinaire à 3 500 F, et d’autres modèles comme la contre-veste à 15 000 F. Le couturier affirme avoir reçu plus de 300 tissus de différentes couleurs et qualités à coudre en une semaine. « Nous travaillons 24h/24 pour finir les habits des clients avant la fête. Nous avons juste le temps pour la prière et la rupture du jeûne, puis nous nous remettons à travailler jusqu’à l’aube », dit-il. Selon lui, « les difficultés que nous rencontrons sont liées à la coupure d’électricité, ce qui rend le travail difficile ».

Cependant, nombreux sont les clients qui se plaignent de faux rendez-vous inexplicables de certains couturiers, comme c’est le cas de Souleymane Seid, client dans un atelier de couture au grand marché. « Je suis victime de faux rendez-vous. J’ai apporté des tissus pour mes deux enfants et moi-même au début du mois de ramadan. À chaque fois que je partais vérifier l’avancement de ma commande, il me répétait le même refrain : revenir le lendemain. Et je vous assure qu’il n’a pas cousu mes tissus jusqu’à maintenant. Je n’ai pas d’autre choix que d’attendre jusqu’à l’aube afin de récupérer mon habit et ceux de mes enfants »

À la veille de la fête du Ramadan, des tensions se ravivent également. Certains clients et couturiers en viennent aux mains à cause de faux rendez-vous. Par ailleurs, d’autres clients passent toute la nuit chez les couturiers pour récupérer leurs habits.

Noël Adoum

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