À l’approche de l’Aïd El-Fitr, la fête marquant la fin du mois de Ramadan, les marchés s’animent et les prix des moutons et des chèvres connaissent une hausse significative dans ville de Mongo, chef-lieu de la province du Guera. Moins de 24 heures avant les célébrations, de nombreux ménages se précipitent pour acquérir leur bete  sacrificiel, entraînant une flambée des prix. L’équipe de Flash-Tchad s’est rendue sur place.

Placé devant la devanture du Stade Idriss Miskine de Mongo, le marché de bétail présente une atmosphère animée par la présence de nombreux habitants. Les commerçants de chèvres et de moutons soulignent que les prix sont en hausse, mais les clients sont surpris par cette augmentation brusque. À moins de 24 heures de la fête, certains clients déclarent avoir une grande famille, mais peinent à acheter une simple chèvre. Quant aux moutons, leur prix exorbitant en fait un sujet de conversation dans la ville.

Abdoulaye Abakar, venu acheter une chèvre, a exprimé son inquiétude face à la cherté de la vie, « Cette année, tout est cher. L’année dernière, nous trouvions une petite chèvre à 15 000 francs, cette année, elle coûte 20 000 francs, soit une augmentation de 10 % et plus. Depuis trois jours, je viens ici pour acheter un mouton à 35 000 francs, mais chaque jour, les commerçants me montrent des bêtes de plus en plus petites ». M. Abdoulaye a affirmé que même lors de la fête de Tabaski l’année dernière, les prix n’étaient pas aussi élevés qu’aujourd’hui. « Je suis à Mongo depuis longtemps, mais je n’ai jamais entendu parler d’une chèvre à 50 000 francs, sauf cette année. Je sais que les moutons sont chers, mais pour les chèvres, c’est inacceptable », a-t-il déploré.

Dans le même ordre d’idée, Bichara Choua, commerçant de chèvres, a tenu à expliquer que, cette année, les temps sont durs et les animaux sont plus chers que jamais. « L’année dernière, nous avions des petits moutons à 20 000 francs ou moins, mais cette année, nous avons acheté en gros chez les éleveurs qui ont eux-mêmes augmenté leurs prix ». Il souligne qu’il ne réalise qu’un bénéfice de 5000 francs, mais le marché ne suit pas. « J’ai 22 bêtes, entre chèvres et moutons, mais depuis presqu’une semaine, je n’ai vendu que six chèvres et aucun mouton, » s’inquiète Bichara, ajoutant que les clients préfèrent acheter de la viande chez les bouchers plutôt que de prendre une chèvre ou un mouton. En effet, les prix de cette année sont comparables à ceux de N’Djamena.

Les lamentations résonnent partout entre les clients et les commerçants, tandis que les éleveurs semblent indifférents dans leur coin, « Si tu veux acheter, fais-le, sinon, tant pis pour toi », disent-ils.

La fête de Ramadan s’annonce difficile dans la capitale de la province du Guéra en raison de la cherté de la vie dans cette localité. Les habitants de la ville de Mongo s’interrogent, « Demain, pourra-t-on trouver du marara à manger ? Pourra-t-on voir le sang des animaux couler? » Pendant que la population exprime son mécontentement face à l’augmentation des prix du bétail, les éleveurs et les bouchers s’enrichissent et se frottent les mains.

Idriss Mamadou Brahim, Mongo-Flashtchad.com

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