
Le Tribunal de Grande Instance de Mongo a été le théâtre d’une scène d’une violence inouïe le 9 février 2026. Un détenu, poursuivi pour le meurtre d’un garde commis en 2023 à Bitkine, a été exécuté sous les yeux du juge d’instruction par les proches de sa victime présumée. Des citoyens dénoncent cet acte de violence au sein de la justice.
Selon les témoignages, l’affaire remonte à l’attaque de la caisse communautaire de Bitkine en 2023, où le garde en faction avait été froidement abattu. Après une évasion spectaculaire et une cavale marquée par un vol de matériel militaire en 2025, l’accusé avait finalement été repris. Le point de rupture semble être son refus catégorique de verser la Dia (le prix du sang), affirmant n’avoir aucune famille pour le soutenir. Convoquées dans le bureau du juge pour une interrogation judiciaire, les deux parties ont pu pénétrer dans le tribunal avec des armes, révélant un échec critique du dispositif de contrôle. En pleine audience, l’accusé a d’abord été poignardé au pied avant d’être abattu par balle alors qu’il tentait de s’échapper.
Les agresseurs ont été interceptés par les forces de l’ordre alors qu’ils tentaient de quitter les lieux. Suite à cet assassinat en plein sanctuaire judiciaire, l’audience initialement prévue ce 10 février a été reportée au 17 février 2026. Des citoyens dénoncent cet acte malheureux.
Salma Khalil Alio, dénonce cet acte et souligne que, «ce qui devait être un moment de justice est devenu, ce jour-là, une scène d’injustice. Le procès s’est transformé en une véritable scène d’exécution, sous les yeux mêmes des magistrats». Ce drame n’est pas un simple fait divers tragique mais une alerte sérieuse. Cette justice expéditive est d’autant plus grave qu’elle aurait été commise par un membre des forces de l’ordre (celui qui avait pour mission de protéger a utilisé sa formation et son arme de service pour ôter la vie).
La Coordination de la Société Civile du Guéra pour le Suivi de la Gouvernance et la Préservation des Ressources Naturelles par la voix de son leader Djiddo Deye Sabane, exprime sa vive indignation et condamne avec la plus grande fermeté l’acte odieux, choquant et inacceptable survenu à Mongo, marqué par l’assassinat d’un présumé au sein même du palais de justice. «Un tel crime, perpétré dans un lieu censé incarner l’autorité de l’État, la protection des citoyens et le respect de la loi, constitue une atteinte grave à l’État de droit, à la justice et aux valeurs fondamentales de notre République. Le palais de justice doit rester un sanctuaire de droit, et non un théâtre de violences ou de règlements de comptes», a-t-elle indiqué.
La Société Civile du Guéra exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, impartiale et transparente, demande que les auteurs, complices et responsables, quels qu’ils soient, soient identifiés et traduits devant la justice et appelle les autorités administratives, judiciaires et sécuritaires à assumer pleinement leurs responsabilités afin que de tels actes ne se reproduisent plus.
Idriss Mamadou Brahim, Mongo-Flashtchad.com