
La tension diplomatique entre le Tchad et le Soudan a franchi un nouveau cap après les déclarations du général Yasser Al-Atta, commandant en chef adjoint de l’armée soudanaise. Ce dernier a ouvertement menacé le Tchad, désignant les aéroports de N’Djamena et d’Amdjarass comme des « cibles légitimes » pour les forces soudanaises, accusant le pays de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR) dans le conflit qui ravage le Soudan.
Face à ces accusations, N’Djamena a réagi avec fermeté. Dans un communiqué de presse, le ministère tchadien des Affaires étrangères a dénoncé des propos « irresponsables » et mis en garde contre toute tentative d’agression. « Le Tchad se réserve le droit légitime de riposter avec vigueur à toute tentative d’agression contre notre pays, quelle qu’en soit l’origine », a déclaré Ibrahim Adam Mahamat, porte-parole du ministère.
Le communiqué rappelle également que le Tchad, loin d’être impliqué dans le conflit soudanais, a toujours adopté une position de neutralité. « Les régimes soudanais, animés par le terrorisme, n’ont cessé de déployer tous les moyens possibles afin de déstabiliser le Tchad », souligne le ministère, rejetant toute responsabilité dans la crise actuelle.
Par ailleurs, N’Djamena met en avant son rôle humanitaire dans la région, notamment en accueillant des milliers de réfugiés soudanais fuyant les violences. « Cet accueil humanitaire massif témoigne de notre engagement en faveur de la paix, de la solidarité et de la stabilité dans la région », ajoute Ibrahim Adam Mahamat.
Enfin, le Tchad appelle à la désescalade et exhorte les dirigeants soudanais à « se concentrer sur l’urgence d’une cessation immédiate des hostilités » plutôt que de proférer « des menaces insensées ».
Abderamane Moussa Amadaye