
Dans le cadre du carême catholique qui a commencé depuis le mercredi des cendres ce 05 mars 2025, l’archidiocèse de Ndjamena sous la présidence de l’archevêque métropolitain de Ndjamena Mgr Djitangar Goetbé Edmond a adressé un message de carême à l’endroit des fidèles catholiques du Tchad. Reportage.
Dans son message de carême, Mgr Djitangar Godbé Edmond relève que le carême est une étape importante de la marche jubilaire et c’est l’occasion des fidèles catholiques de rendre compte des grâces déjà reçues du Seigneur au niveau personnel, familial ou ecclésial, dans l’espérance d’autres, plus abondantes. «C’est d’abord une marche d’espérance de libération. Nous nous engageons dans une marche dont le but est de nous libérer de notre égoïsme, de tout ce qui nous retient prisonnier de nous-mêmes et nous éloigne de nos frères et sœurs», dit-il.
Pour lui, la prière et en particulier l’adoration silencieuse devant le Saint Sacrement permet de libérer les fidèles catholiques des préoccupations ordinaires pour donner plus de temps à Dieu. Il poursuit, «le jeûne signifie que la Parole de Dieu est la vraie nourriture pour notre vie spirituelle et nous la mettons au-dessus des besoins naturels. L’aumône n’est pas un simple geste de pitié, mais un geste de partage qui exprime l’attention et l’amour que nous portons aux autres, spécialement ceux qui ont besoin de notre aide».
L’archevêque n’a pas manqué de souligner les autres dévotions, en particulier le chemin de croix et le rosaire qui font revivre les élus de Dieu spirituellement la marche à la suite du Christ faisant la révision de leur foi. A cela s’ajoutent la pratique des œuvres de miséricorde parmi lesquelles la visite des malades, des prisonniers, assistances diverses, accueil des étrangers… qui permettent de rencontrer le Christ en personne dans ces frères et sœurs privés de santé, de liberté ou de sécurité qui attendent l’aide des fidèles.
Mgr Edmond invite les chrétiens qui vivent une situation irrégulière dans leur ménage (concubinage refus de célébration du mariage sacramentel…) ou dans leur vie chrétienne (fréquentation des charlatans, des devins ou des sectes) à se sortir de ces situations et à mettre de l’ordre dans leur vie chrétienne. Sans le savoir, ils s’éloignent petit à petit de la vie de la communauté chrétienne, a-t-il déploré. Pour lui, «certains responsables ne vivent pas en règle avec la foi chrétienne ou ne dirigent pas les autres avec l’esprit chrétien, je les invite à revenir à leurs statuts, à les respecter et à les appliquer pour donner un témoignage chrétien de l’autorité qui est un service gratuit».
L’archevêque a également dénoncé le silence des chrétiens face aux injustices et aux exclusions sociales et religieuses dont ils sont les premières victimes. «L’engagement social des chrétiens souffre encore des manipulations politiques et des complicités ethniques. Les chrétiens doivent proscrire toute parole qui divise, les insultes, les moqueries, les provocations inutiles». Il interpelle les fidèles catholiques sur la gestion des funérailles qui selon lui dit constater un mélange de la culture traditionnelle avec les cultures d’importation qui se manifestent dans certaines conduites au cours des funérailles et qui sont contraires à l’Évangile. Il a souligné, les mauvais traitements que subissent les veuves ainsi que les orphelins en cas de décès du conjoint. «Les biens du défunt sont séquestrés par des parents…parfois chrétiens, qui s’en approprient au nom de la famille et excluent les vrais membres de la famille éprouvés. C’est une injustice grave qu’il faut corriger», a-t-il laissé entendre.
Selon lui, pour bien vivre pleinement l’esprit de l’année jubilaire, il demande à toute la communauté chrétienne de faire des efforts pour que règne un peu plus de justice et de paix dans leurs relations familiales et sociales. «Que ceux qui sont en conflit cherchent des chemins de réconciliation. Que les employeurs traitent les employés avec justice en respectant les normes du droit». Enfin, il a exhorté les fidèles à respecter les deux contributions (la dîme et le dernier de culte) qui sont obligatoires et peuvent se faire en espèce ou en nature.
Noël Adoum