Ce lundi 26 janvier 2026, au ministère des Affaires étrangères, a eu lieu la cérémonie d’ouverture de la 13ᵉ Assemblée plénière ordinaire de l’Association des Conférences Épiscopales de la Région de l’Afrique Centrale (ACERAC). La cérémonie a été présidée par le Premier ministre, Amb. Allah maye Halina, représentant le président de la République

Placée sous le thème « Les défis de l’Église, Famille de Dieu en Afrique : 30 ans après l’Exhortation apostolique Ecclesia in Africa », cette importante rencontre ecclésiale a réunit des archevêques et évêques des pays membres de la sous région (Cameroun, République centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée équatoriale et Tchad), ainsi que de nombreux experts, conférenciers, prêtres, religieux et religieuses issus de l’espace CEMAC et d’autres horizons.

Le Maire de la ville de N’Djamena Senoussi Hassana Abdoulaye a relevé que la municipalité reconnaît le rôle fondamental que jouent les communautés religieuses, et en particulier l’Église catholique, dans l’édification du tissu social, l’éducation des consciences et la promotion du bien commun. «Votre engagement quotidien aux côtés des populations, notamment des plus fragiles, force le respect et mérite notre soutien indéfectible», a-t-il déclaré.

Le Président du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) Fridolin Cardinal Ambongo a souligné les signes des temps en Afrique centrale marqués par plusieurs réalités qui s’imposent avec force et inquiétude. «Nous continuons d’être confrontés à des situations de conflits et d’insécurité, où la violence, les groupes armés et la fragilité des processus de paix blessent profondément les personnes et les communautés. La cohésion sociale est mise à rude épreuve par les tensions ethniques, la polarisation et la montée de la méfiance», a-t-il déclaré. Il poursuit, les défis persistants de gouvernance et la corruption portent atteinte à la dignité humaine et au développement intégral, tandis que les pressions humanitaires déplacements forcés, pauvreté, chômage des jeunes et migrations contraintes pèsent lourdement sur les familles et les sociétés. À cela s’ajoute le stress écologique, où l’exploitation des ressources naturelles engendre souvent de nouvelles tensions plutôt qu’une prospérité partagée. Au cœur de ces défis, la vie de l’Église en Afrique centrale demeure une source d’espérance, a-t-il ajouté.

Lançant l’ouverture de l’Assemblée, le Premier Ministre Amb Allah-Maye Halina a affirmé que le thème de cette rencontre interpelle tout le monde  sur la transmission des valeurs familiales, morales et spirituelles, à une époque marquée par de profondes mutations sociales, culturelles et morales des sociétés. Il a cité d’énormes défis parmi lesquels figurent la dépravation croissante des mœurs et la fragilisation de la famille, qui constituent l’un des terreaux les plus préoccupants de la pauvreté sous toutes ses formes. «La perte des repères éthiques, l’affaiblissement de l’autorité parentale et la remise en cause des fondements traditionnels de la famille compromettent gravement la transmission des valeurs humaines et chrétiennes», a-t-il déclaré .À cela s’ajoutent des phénomènes particulièrement alarmants, tels que la banalisation de certaines pratiques contraires à la vision chrétienne du mariage qui ne correspondent en aucun cas aux fondements traditionnels de la famille. «Ces réalités, largement médiatisées et parfois, malencontreusement normalisées, portent des graves atteintes aux fondements même de la famille, tel que prescrit dans la bible et nuisent profondément à l’équilibre moral de nos sociétés», a-t-il conclu.

Noël Adoum

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