
À l’approche de l’Aïd el-Fitr, qui marque la fin du Ramadan, une tendance alarmante se dessine sur le marché des textiles, avec une légère augmentation des prix des tissus tels que le chadda, le gezner et le champo. Commerçants et consommateurs expriment leurs préoccupations face à cette légère hausse par rapport à l’année précédente, rendant les achats de plus en plus difficiles pour de nombreuses familles. L’équipe de Flash-Tchad a parcouru le grand marché, ce 14 mars 2026 pour constater la situation.
Dans un marché animé par des embouteillages et des mouvements incessants, les jeunes se pressent devant les boutiques de tissus, impatients de se préparer pour la fête du Ramadan. Les étals débordent de couleurs vives et de motifs traditionnels, attirant les regards curieux. Au cœur de cette effervescence, les discussions vont bon train. «Chaque année, je cherche les meilleurs tissus chez mon fournisseur pour nos tenues de fête, mais le prix a légèrement augmenté à quelques jours de la célébration», explique Ahmat Hassan, père de quatre enfants. Les commerçants des boutiques, fréquemment encombrées, offrent une gamme de prix variés pour répondre à tous les budgets. Cette tradition de s’habiller de neuf pour la fête du Ramadan est profondément ancrée dans les coutumes des citoyens tchadiens, contribuant ainsi à renforcer les liens sociaux et familiaux.
Selon certains détaillants, les prix des tissus ont légèrement augmenté de 10 % par rapport à l’année précédente. Cette hausse est attribuée à plusieurs facteurs, notamment l’augmentation des coûts de production et la demande croissante à l’approche de l’Aïd el-Fitr. Des tissus comme le chadda, le Gezner et le champo, souvent prisés pour la confection de vêtements traditionnels, sont particulièrement recherchés. Par exemple, le Gezner magnum de 3 mètres, qui se vendait autrefois à 32 500 FCFA, est désormais proposé à 37 500 FCFA. De même, le 3 mètres de Gezner fantôme, qui coûtait 55 000 FCFA, est maintenant vendu à 65 000 FCFA, tandis que le prix du Gezner magalom, qui était à 32 500 FCFA, est aujourd’hui à 35 000 FCFA. À cela s’ajoutent d’autres marques de tissus, comme le Koko champo, qui est passé de 12 500 à 15 000 FCFA, et le champo simple, actuellement vendu à 12 500 FCFA.
Quelques consommateurs expriment leur mécontentement face à cette situation. « Cette année, les prix ont flambé. Je préfère acheter un tissu symbolique pour célébrer l’Aïd el-Fitr », confie Souleymane Daoud au micro de Flashtchad.com. « À l’approche de la fête, plus nous sommes dans le besoin, plus tout augmente sans raison valable », a déclaré Zakaria Ngaré.
Chez les commerçants, la situation est tout aussi délicate. Tandis que certains s’efforcent de maintenir des prix compétitifs, d’autres sont contraints d’augmenter leurs tarifs pour compenser l’augmentation des coûts. « Nous sommes coincés entre le marteau et l’enclume. Pendant le mois de Ramadan, de nombreuses marchandises (tissus) arrivent, mais les frais de transport aérien sont élevés. De plus, la guerre au Moyen-Orient a entraîné la fermeture temporaire de l’aéroport de Dubaï », explique Mahamat Ahmat.
Si devant les boutiques, les jeunes se précipitent pour acheter des tissus de qualité, les couturiers quant à eux se frottent les mains et accueillent les clients avec le sourire.
Noël Adoum