
Le 27 mai restera une date noire pour le football tchadien. À domicile, les Sao ont subi une humiliation face au Burundi (4-0) dans le cadre des préliminaires de la prochaine Coupe d’Afrique des nations. Une gifle qui a suscité une vague de colère dans tout le pays.
Dr Baba Ahmat Baba, député et ancien secrétaire général intérimaire de la Fédération tchadienne de football, a rapidement réagi. Sidéré par l’ampleur des critiques sur les réseaux sociaux, il dit comprendre la douleur des supporters, « Je suis sidéré depuis cet après-midi en lisant beaucoup des compatriotes sur les réseaux sociaux. Oui, je comprends leur frustration à la suite de cette énième défaite des SAOs version football. »
Pour lui, le constat est impitoyable. Derrière l’humiliation du jour se cache une déchéance structurelle qui dure depuis des années. L’ancien dirigeant dresse une liste sans appel : « absence d’une politique de développement à base », « absence des équipes U13, U15, U17, U20 », « mauvaise gouvernance », ou encore « absence de championnat national intégral ». Autant de maux qui plombent le football tchadien et empêchent toute émergence.
Face à certains appels à la tenue d’états généraux du sport, Baba Ahmat Baba oppose une mise en garde, « Beaucoup pensent à tort que la solution est l’organisation des états généraux des sports. (…) pour le football tchadien, les problèmes et les solutions sont connus. » Il dénonce aussi les règlements de comptes opportunistes, « profiter de la défaite des SAOs version football pour espérer régler des problèmes personnels entre tel et tel est simplement mesquin. »
Enfin, il appelle la nouvelle équipe fédérale à enfin passer à l’action, notamment en misant sur la détection des jeunes sur l’ensemble du territoire, « ainsi, on aura une équipe nationale compétitive qui remplira les cœurs des Tchadiens de joie. »
Azibert Moussa