Photo archive. Janvier 2024, Faustin Djimoudouel à la tête du comité de crise du SET appellant à la suspension de la grève des enseignants.


Le Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET) est en état d’alerte. Son président, Faustin Djimoudouel, a été interpellé hier mardi 6 janvier 2026 au siège du syndicat, à N’Djamena, dans des circonstances que son organisation qualifie d’« enlèvement ».


Selon le secrétaire général du SIET, Rogoto David, l’intervention s’est produite aux environs de 10 heures. Le directeur de la Police judiciaire se serait présenté au QG du syndicat et aurait sommé Faustin Djimoudouel de monter dans un véhicule de service. Le responsable syndical a ensuite été conduit à la Coordination de la Police judiciaire, où il serait placé en garde à vue.


Le SIET affirme que son président n’a reçu aucune convocation préalable et dénonce une arrestation « arbitraire ». « Jusqu’à présent, aucune explication claire ne nous a été donnée sur les raisons de son interpellation », soutient Rogoto David, qui réclame la libération immédiate et sans condition de son camarade.


Cette interpellation intervient dans un contexte social tendu. Quelques jours plus tôt, Faustin Djimoudouel avait appelé à une grève des enseignants pour protester contre la non-application d’un décret portant statut particulier des enseignants, pourtant adopté par les autorités. À la suite de cet appel, le ministre de l’Éducation nationale avait publiquement mis en garde le président du SIET, dénonçant une démarche jugée « irresponsable » et son organisation « illégale».


Pour les responsables syndicaux, le lien entre cet appel à la grève et l’arrestation du président ne fait guère de doute. « Nous y voyons une tentative d’intimidation et de musellement de l’action syndicale », confient plusieurs membres du bureau exécutif, restés mobilisés depuis l’interpellation.


Jusqu’au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle des autorités judiciaires ou gouvernementales n’avait été enregistrée, laissant planer le flou sur les motifs réels de l’arrestation.

Abderamane Moussa Amadaye

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