
Depuis plusieurs semaines, la capitale tchadienne, N’Djamena et d’autres villes du pays, font face à une recrudescence d’incendies touchant aussi bien les ménages que les commerces, notamment les quincailleries. Face à cette situation dramatique, la question de la prévention incendie devient cruciale. Pourtant, sur 100 ménages, seul un dispose d’un extincteur, un constat alarmant qui interpelle sur la nécessité de sensibiliser la population.
Issaka Ali, ingénieur en génie mécanique, insiste sur l’importance de cet équipement. « L’extincteur est indispensable, que ce soit dans les usines, les ménages ou les véhicules. Il permet d’intervenir rapidement en cas de départ de feu, avant l’arrivée des sapeurs-pompiers », explique-t-il.
Dans les foyers, le gaz butane ou le court-circuit sont souvent en cause. Or, la plupart des habitants utilisent encore des méthodes archaïques pour tenter d’éteindre un incendie, comme verser du sable ou de l’eau, ce qui peut parfois aggraver la situation. « Un extincteur est simple à utiliser. Il suffit de l’orienter vers la source du feu et d’activer le jet », précise l’ingénieur.
Face à l’augmentation des incendies, Issaka Ali appelle à une prise de conscience collective. « Le gouvernement doit mener des campagnes de sensibilisation pour encourager chaque ménage à s’équiper d’un extincteur. Il serait idéal qu’à chaque emplacement où se trouve une bouteille de gaz, un extincteur soit à proximité », recommande-t-il.
Côté prix, il estime que le coût reste accessible. « Un extincteur pour véhicule coûte entre 10 000 et 15 000 francs CFA, tandis que ceux destinés aux ménages varient entre 15 000 et 20 000 francs CFA. Un investissement minime comparé aux pertes engendrées par un incendie », souligne-t-il.
En attendant une politique de prévention plus rigoureuse, chaque citoyen peut d’ores et déjà agir en s’équipant et en adoptant les bons gestes pour limiter les risques. « L’extincteur n’est pas un luxe, mais une nécessité », conclut l’ingénieur.
Abderamane Moussa Amadaye