
À la veille de l’Aïd el-fitr, une effervescence particulière s’empare des carrefours de la cité capitale. La nuit, entre les lumières étincelantes et des décorations, une nouvelle tendance prend de l’ampleur notamment la vente nocturne de chaussures. Reportage.
Du grand marché, l’avenue El Numéry au quartier Mardjandaffack en passant par rond-point Adoum Tchéré, les commerçants rivalisent d’ingéniosité pour attirer les clients dans le but de liquider leurs produits (chaussures), transformant les bords des rues bitumés en marchés nocturnes où les particules d’enthousiasme se mêlent entre les deux parties.
La vente de chaussures est un événement commercial en pleine expansion mais aussi un business très rentable. Les tables, souvent ouvertes jusqu’à l’aube proposent des promotions alléchantes sur une large gamme de chaussures, allant des sandales tendance aux élégantes babouches appelés communément «sokoya» dans une langue locale. Les clients, motivés par l’idée de dénicher la paire parfaite pour les festivités à venir, se pressent dans ces grands carrefours. «Nous avons constaté une diminution de 20% des ventes durant les nuits par rapport aux magasins du marché pendant la journée» témoigne l’acheteur Mahamat Ahmat Abakar.
Bedonné Séverin, vendeur de chaussures relève que dans les années précédentes, les chaussures étaient chères dont les prix varient entre 4000, 5000 et 6000 mais cette année le prix est abordable car seulement à 3500, 4000 selon la qualité des chaussures. «cette année, le marché s’annonce compliqué car il n’y a pas assez d’ acheteurs. Tout de même, nous gardons l’espoir jusqu’à la dernière heure», se rassure t’il.Djerabé vendeur des chaussures depuis 3 ans estime que cette année, ça ne tient car il n’y a pas d’argent, «nous venons ici à 17h et nous dormons ici pour rentrer à 5h et revenir à 10h». La Mairie nous a créé beaucoup de problèmes, les agents municipaux collectés 1000 FCFA par table.
Djerabé, vendeur de chaussures depuis 3 ans, estime que cette année, ça ne tient pas car il n’y a pas d’argent, «nous venons à 10h et nous dormons ici pour rentrer le lendemain à 5h et revenir encore à 10h». Évoquant les difficultés rencontrées dans ces activités, M. Djérabé a pointé du doigt les agents municipaux, «ils nous ont créé beaucoup de problèmes, car à chaque jour que Dieu fait, ils collectent 1000 francs CFA par table sans nous donner le reçu en retour», dit-il.
Suite à la mévente, la concurrence est de plus en plus féroce entre les vendeurs de chaussures car chacun cherche à séduire la clientèle de son côté. Pour se démarquer, les uns proposent le prix criant, les autres accueillent les clients en souriant dans l’optique de vendre leurs produits respectifs.
Notons qu’à la veille des fêtes, la vente nocturne de chaussures dans les carrefours ne semble pas prête de s’éteindre. Elle s’impose comme une nouvelle tradition de connaissance entre clients et vendeurs. Ces soirées illuminées promettent d’être des moments inoubliables, à la croisée des chemins entre commerce et convivialité.
Noël Adoum