
La visite à Paris du président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno ravive une plaie encore béante, « l’assassinat » de l’opposant Yaya Dillo Djerou Betchi, survenu le 28 février 2024 à N’Djamena. Pour la famille de la victime et ses avocats, ce déplacement officiel ne peut se faire dans l’indifférence face à un crime politique resté sans suite judiciaire. « L’assassinat de ce dernier, le 28 février 2024 à N’Djamena, demeure à ce jour impuni. »
Les conseils d’Ousmane Dillo, frère de la victime, rappellent qu’une plainte pour « assassinat » a été déposée à Paris. Elle vise des individus proches du pouvoir tchadien, soupçonnés de posséder la double nationalité franco-tchadienne et d’avoir participé à ce que les avocats qualifient d’exécution extrajudiciaire. « Une plainte pour assassinat a été déposée à Paris visant des individus proches du Président soupçonnés de détenir la double nationalité franco-tchadienne. »
Sur le fond, les éléments versés au dossier dressent un tableau accablant. Selon des expertises médicales indépendantes et plusieurs organisations de défense des droits humains, Yaya Dillo aurait été abattu d’une balle tirée à bout portant à la tête. Son corps aurait été enterré sans autopsie et les lieux du crime détruits en moins de 48 heures. « Selon les éléments médicaux indépendants et les organisations de défense des droits humains, l’opposant a été abattu d’une balle tirée à bout portant à la tête », précise le communiqué consulté par la rédaction.
Malgré les promesses formulées en 2024 par les autorités tchadiennes en faveur d’une enquête internationale, aucune initiative crédible n’a vu le jour, déplore la famille Dillo. Une lettre adressée en juillet 2025 au président Emmanuel Macron par Ousmane Dillo, ressortissant franco-tchadien, est restée sans réponse. À l’occasion de cette visite officielle, la famille de la victime en appelle désormais à la responsabilité de la France. « M. Ousmane Dillo appelle solennellement le Président de la République et les autorités françaises à profiter de cette visite de Mahamat Déby pour réaffirmer publiquement l’exigence de vérité et de justice. »
Abderamane Moussa Amadaye