Arrêté le 5 mars sur un mandat d’amener du procureur de la République près le tribunal de grande instance de N’Djamena, Monodji Olivier, directeur de publication du journal Le Pays, demeure en détention sans qu’aucune charge formelle ne soit retenue contre lui. L’Union des journalistes tchadiens (UJT), dans un communiqué publié le 8 mars et signé par son secrétaire général, Gotingar Manassé, fustige une « violation flagrante des principes fondamentaux du droit et de la procédure judiciaire ».

Selon l’UJT, non seulement Olivier n’a toujours pas été présenté à un procureur pour être entendu dans les délais légaux, mais son ordinateur a également été confisqué par la police judiciaire. L’organisation syndicale dénonce une « atteinte grave à la liberté de la presse et aux garanties judiciaires prévues par la Constitution tchadienne et les engagements internationaux du pays ».

L’UJT interpelle les autorités judiciaires sur les dérives d’une telle procédure et condamne avec la plus grande fermeté cette arrestation jugée arbitraire. Elle exige la libération immédiate et inconditionnelle de leur confrère ainsi que la restitution de son matériel de travail.

La rédaction du Pays réagit : une audition suspendue dans un climat trouble

Dans une déclaration, la rédaction du Pays a exprimé son indignation face aux conditions de détention de son directeur de publication, qui a passé sa troisième nuit à la police judiciaire.

Vendredi 7 mars dernier, Monodji Olivier devait être auditionné. Cependant, dès le début de l’audience, ses avocats, Me Ndilyam Alain et Me Allahta Amos, ont remarqué la présence d’un individu enturbanné dont l’identité et la légitimité à assister à l’audition restaient inconnues, rapporte Le Pays. Face au refus de ce dernier de décliner son identité, les avocats ont dénoncé une violation du code de procédure et ont immédiatement saisi le procureur pour protester. Toujours selon Le Pays, contre toute attente, ce dernier a ordonné que l’audition se poursuive, une décision contraire à la loi selon la défense. Devant ce vice de procédure, l’audition a été suspendue.

Face à cette situation préoccupante, l’UJT et la rédaction du Pays restent mobilisées pour suivre l’évolution de cette affaire et exiger le respect des droits de leur confrère.

Abderamane Moussa Amadaye

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