
Lors d’un point de presse tenu ce mardi, 8 avril 2026 au palais de justice, le Procureur de la République, Moussa Abdelkerim Saleh, a révélé les conclusions préliminaires de l’enquête sur l’attaque tragique survenue à Tiné, qui a causé la mort de 20 personnes et fait 10 blessés. Il a souligné l’engagement des autorités judiciaires à identifier et poursuivre tous les responsables de cette attaque.
Le 18 mars 2026, un drone a attaqué la localité de Mabrouka, près de la frontière soudanaise, causant des morts et des blessés parmi la population civile. Une mission gouvernementale, comprenant des ministres et des officiers militaires, s’est rendue sur place 24 heures après l’attaque pour évaluer les dégâts. Le Procureur de la République, accompagné d’experts en aviation, a inspecté le site, où des débris de drone et des traces de sang humain ont été trouvés.
Le procureur a condamné l’attaque par drone, qualifiée de grave violation de l’intégrité du territoire, de ses conséquences humaines et de sa portée sécuritaire, constitue une atteinte caractérisée à la souveraineté de l’État ainsi qu’à la sécurité des populations civiles. « Le bilan provisoire fait état de vingt morts et dix blessés, évacués à N’Djamena pour soins », a-t-il déploré. Des témoins de la scène de ce crime affirment unanimement que le drone qui a frappé la ville de Tiné, est venu en provenance du Soudan, a-t-il ajouté. Une mission judiciaire a été ordonnée pour sécuriser les lieux, collecter des débris et préserver des preuves. Des experts militaires analysent le drone et ses munitions, courantes dans le conflit soudanais, et une expertise internationale a été sollicitée pour identifier l’utilisateur.
La justice souligne qu’ « une enquête judiciaire a été ouverte sans délai pour des faits d’atteinte à la sûreté de l’Etat, d’acte de terrorisme, d’homicides volontaires et des destructions de biens publics et privés ». Après les rapports d’expertises internationaux, le parquet de N’Djamena décidera des actions judiciaires à entreprendre. L’État tchadien s’engage à soutenir les proches des victimes et à rendre justice. Parallèlement, il intensifie les recherches pour identifier les responsables et complices de l’attaque, afin qu’ils soient tenus pour responsables selon la loi. Le Procureur de la République tient à affirmer avec la plus grande fermeté que « tous les responsables, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent, seront identifiés, recherchés et traduits devant les juridictions compétentes ». Le parquet dit se réserver le droit d’engager toute procédure utile, y compris aux niveaux régional et international, en vue de garantir la répression de ces crimes et la manifestation complète de la vérité. Le parquet souligne que toute tentative de désinformation, de diffusion de fausses nouvelles ou d’entrave au bon déroulement des investigations fera l’objet de poursuites immédiates et rigoureuses.
Par ailleurs, le drame est lié au conflit armé au Soudan, dont les répercussions affectent la sécurité régionale. Le parquet souligne la responsabilité des parties impliquées et appelle à la vigilance et à la coopération avec les autorités. Il exprime sa compassion envers les victimes et leurs familles, promettant que justice sera faite. « Le Tchad réaffirme son engagement à défendre son intégrité territoriale et à protéger ses citoyens par tous les moyens légaux », conclut le procureur de la République.
Adoum Noël