
Ce vendredi 10 avril 2026, la Délégation de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance de la province du Guera, en collaboration avec l’UNICEF, a organisé un atelier de formation pour 60 membres de groupements et d’associations féminines sur les droits et la protection de l’enfant, ainsi que sur leurs rôles dans la prévention des pratiques néfastes dans la salle de réunion de la commune urbaine de Mongo.
L’événement a rassemblé plusieurs responsables administratifs, religieux, ainsi que des membres du conseil communal et provincial. Des participantes venues de différentes sous-préfectures et villages des différents départements de la province ont également pris part à l’atelier. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le secrétaire général de la province du Guera, Monsieur Hassan Souleymane Adam.
Le Délégué de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance de la province du Guera, M.Abdalaziz Alhdj Damalia, a déclaré relève que la formation se déroulera en deux vagues dont les 60 femmes regroupées pour cette première session proviennent du département du Guera et d’Abtouyour, tandis que la seconde session se tiendra à Mangalmé avec les différents centres de tâches du département, a-t-il expliqué. À l’issue de cette formation, les femmes s’engagent activement dans la lutte contre les pratiques traditionnelles néfastes. Le Délégué souligne que la province du Guera fait face à des défis importants en matière de protection de l’enfance. « Les mutilations génitales féminines touchent 67 % des filles, tandis que 72 % des mariages concernent des enfants. De plus, seulement 36 % des enfants sont enregistrés à l’état civil, et le taux de scolarisation reste préoccupant, avec un taux d’abandon scolaire élevé qui compromet l’éducation des filles »,a-t-il affirmé. Face à cette situation alarmante, la Délégation, en collaboration avec l’UNICEF, a mené une étude sur le profil des jeunes filles l’année précédente, révélant de nombreux enjeux à adresser.
M.Mbainarem Nathaniel, représentant la Cheffe de Bureau sous-national de l’UNICEF à Mongo,, a souligné que, l’intérêt supérieur de l’enfant est au centre de leurs préoccupations. Ce principe fondamental est consacré par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, ratifiée par le Tchad en octobre 1990. Chaque enfant est un être humain à part entière, doté de droits spécifiques. « La protection de ces droits est une responsabilité collective. Il est donc essentiel que chaque décision et action soit guidée par cette considération primordiale », a-t-il indiqué.

Le Secrétaire Général de la province du Guera, Hassan Souleymane Adam a rappelé que malgré les efforts déployés par le Gouvernement et ses partenaires, les violations des droits des femmes et des enfants demeurent préoccupantes dans la province du Guera et méritent une attention soutenue. Selon une enquête de 2019, le taux de mutilation génitale féminine (MGF) est de 64,1 %, et le taux de mariage des enfants (ME) de moins de 18 ans est de 62 %, a-t-il révélé. Au regard de ces courtes ascendantes de violations de ces droits inaliénables, les autorités sont tous interpellés à agir en synergie pour les promouvoir et permettre à ces couches vulnérables de vivre dignement dans la société, a-t-il lancé.

Idriss Mamadou Brahim, Mongo-Flashtchad.com