
Samedi, une frappe aérienne de l’armée nigériane a causé la mort d’au moins 100 civils, y compris des enfants, lorsqu’elle a touché un marché local dans l’État de Yobe, à proximité de la frontière avec Borno. Cette tragédie a été rapportée par des témoins et l’ONG Amnesty International.
Cet incident met en lumière les dangers constants auxquels font face les populations civiles dans le nord-est du Nigeria, région en proie à une insurrection armée depuis plus de dix ans. De nombreux blessés ont été évacués vers un hôpital à Geidam pour y recevoir des soins, selon un agent de santé.
L’armée nigériane a précisé que la frappe visait un lieu supposé de rassemblement de combattants de Boko Haram, actif dans la zone. Des sources locales ont évoqué des informations sur la présence de militants à proximité du marché, suspectés de préparer des attaques contre des communautés voisines.
Cependant, il semble que l’attaque ait principalement touché des civils rassemblés pour le marché hebdomadaire. Les autorités ont reconnu que des civils avaient été affectés, mais n’ont pas fourni de bilan précis. « Nous avons des images, et parmi les victimes se trouvent des enfants », a déclaré un représentant d’Amnesty International, qui a également recueilli des témoignages de survivants et échangé avec des sources médicales.
L’ONG a qualifié cette frappe d’« erreur » et a demandé l’ouverture d’une enquête indépendante, dans un contexte où de tels incidents sont fréquents.
Depuis 2017, on estime qu’au moins 500 civils ont perdu la vie à cause de frappes aériennes mal ciblées. Des analystes soulignent des défaillances dans le renseignement et un manque de coordination entre les opérations aériennes et terrestres. Le nord-est du Nigeria reste l’épicentre d’un conflit prolongé impliquant Boko Haram et d’autres groupes armés, laissant souvent les civils coincés entre les opérations militaires et les attaques des insurgés.
Azibert Moussa