Ce vendredi 17 avril 2026, le centre social de Mongo a accueilli un grand nombre d’autorités administratives, traditionnelles, religieuses et de leaders communautaires lors d’une séance de plaidoyer organisée par la Délégation de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance de la province du Guera, en partenariat avec l’UNICEF. Cet événement visait à sensibiliser les autorités sur l’engagement du gouvernement à éliminer le mariage des enfants et la mutilation génitale féminine (MGF), ainsi qu’à promouvoir l’application des lois relatives à ces problématiques dans le département du Guera.

La cérémonie a été présidée par le préfet du département, M.Abakar Ali Douhomane, a commencé par le sketch de la troupe théâtrale « La Reine du Guera » sur le thème du mariage précoce et ses conséquences désastreuses dans la société.

Le Délégué de la Femme et de la Protection de la Petite Enfance de la province du Guera, M. Abdelaziz Alhdj Damalia, a déclaré que l’enfant n’est pas seulement l’enfant de sa mère, il est l’enfant de toute la communauté. chaque violation des droits de l’enfant entraîne des conséquences graves non seulement pour l’enfant mais également pour la communauté. Car, la santé se fragilise, l’accès à l’école recule, la justice est paralysée et les inégalités de genre se perpétuent, dit-il. Pour lui, « protèger l’enfant n’est pas uniquement travailler sur les effets visibles, mais c’est agir sur les causes profondes qui renvoient à l’éthique, à la morale, à l’équité et à la justice sociale ». En une semaine, « nous avons enregistré cinq cas de viols, sans compter les autres cas de violences basées sur le genre », a-t-il déploré.

Pour la Cheffe de bureau de l’UNICEF-Mongo, Mme Ossoumal Moulnang, malgré les progrès enregistrés ces dernières années, de nombreux enfants continuent d’être victimes de pratiques qui portent atteinte à leur santé, à leur dignité et à leur développement durable. Ces pratiques constituent également un frein au développement durable de notre société. « Une fille mariée trop tôt est souvent contrainte d’abandonner l’école, exposée à des risques accrus pour sa santé et privée de ses chances de réaliser pleinement son potentiel », a-t-elle lancé. Elle ajoute, protéger l’enfant, c’est investir dans l’avenir du Tchad. C’est garantir une société plus juste, plus équitable et plus prospère.

La représentante des associations et organisations féminines du département du Guera, Mme Fatimé Adoum, a souligné que, les femmes doivent être au cœur des initiatives visant à éliminer ces pratiques néfastes. Elle appelle les autorités à renforcer les lois existantes et à mettre en place des programmes éducatifs pour sensibiliser les communautés aux dangers du mariage précoce et de la MGF. Elle demande également la création des espaces sûrs pour les filles où elles peuvent exprimer leurs préoccupations et recevoir un soutien adéquat.

Le préfet du département du Guera Abakar Ali Douhomane a déclaré qu’il lutte quotidiennement contre toutes les formes de violence à l’égard de la population mongolaise. Toutefois, « votre plaidoyer en tant qu’actrices communautaires nous pousse à prêter une attention particulière aux droits des enfants afin de garantir leur protection. Ce sont eux qui représentent l’avenir de notre nation », a-t-il conclu.

Idriss Mamadou Brahim, Mongo-Flashtchad.com

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