
Aujourd’hui, le Tchad commémore un événement marquant. Il y a exactement 126 ans, le 22 avril 1900, le pays entrait dans une nouvelle ère avec la conquête française. Cette date est souvent considérée comme l’acte de naissance du Tchad moderne, elle marque aussi la bataille de Kousseri avec la mort de Rabah, ancré dans une configuration coloniale.
Ce jour-là, trois missions françaises se rejoignent à Kousséri, une ville située près du lac Tchad. Ces expéditions, menées par le commandant François Lamy et le géographe Fernand Fourreau, affrontent et battent les troupes du potentat local, Rabah Zobeir, « un trafiquant d’esclaves notoire ». La bataille, marquée par la mort des deux leaders le 22 avril 1900, scelle le destin de la région, le Tchad est désormais sous souveraineté française.
Un mois après cette victoire décisive, la ville de Fort-Lamy est fondée le 29 mai 1900 par l’explorateur et officier français Émile Gentil. elle est baptisée en hommage au commandant François Lamy, tué quelques jours plus tôt lors de la bataille de Kousseri, elle deviendra aujourd’hui N’Djamena, la capitale du Tchad. Cette colonisation a eu pour effet de protéger les populations sédentaires et noires des razzias menées par les nomades du nord, tout en occultant les crimes atroces perpétrés par certaines missions antérieures, notamment celle de Voulet-Chanoine.
La bataille de Kousséri, symbole du « Scramble for Africa », marque un tournant pour la France, permettant la jonction de colonnes militaires en provenance d’Algérie, du Sénégal et du Congo. Ce moment historique ne doit pas seulement être perçu sous le prisme de l’expansion coloniale, mais également comme un tournant pour les populations locales, dont les vies ont été profondément affectées par ces événements.
À l’occasion de ce 126ème anniversaire, il est essentiel de réfléchir aux conséquences de cette conquête et à l’héritage complexe qu’elle laisse dans l’histoire du Tchad.
Adoum Noël