Le climat politique s’est considérablement tendu après l’arrestation de huit chefs de partis politiques membres du Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP). Cette opération, survenue suite à l’annonce d’une marche pacifique d’indignation prévue pour le 2 mai 2026, mais interdite par le ministère de la sécurité public. Dans des communiqués publiés à la suite de ces événements, plusieurs partis politiques d’oppositions ont exprimé leur soutien aux dirigeants arrêtés. Ils dénoncent une « répression inacceptable » et appellent à la libération immédiate des détenus.

Le parti Union des Démocrates pour la République (UDP) exprime une forte inquiétude concernant des interpellations jugées contraires aux principes de l’État de droit. Il estime que ces arrestations portent atteinte aux libertés d’expression, d’association et d’opinion, et les condamne fermement. L’UDP demande la libération immédiate et sans condition de M. Max Kemkoye ainsi que des autres responsables politiques concernés.

Le Rassemblement National des Démocrates Tchadiens (RNDT/Le Réveil) à travers son Secrétaire Exécutif 1er Adjoint Mbaïgolmem Sébastien, exprime une vive inquiétude et une indignation face à la grave violation des droits fondamentaux au Tchad. Il dénonce l’interdiction de la marche prévue par les partis membres du GCAP, suivie d’arrestations arbitraires de plusieurs leaders politiques […] pour avoir dénoncé la dérive et l’injustice. Le RNDT/Le Réveil affirme que ces faits montrent une dérive dictatoriale préoccupante. Car en empêchant systématiquement les manifestations pacifiques, « le régime ouvre la voie à la violence et rappelle un retour brutal à la dictature, alors que le pays souffre encore des conséquences d’anciennes périodes de gouvernance autoritaire », dit-il. Le Rassemblement condamne avec fermeté les arrestations politiques et soutient que gouverner par la peur, la répression et l’intimidation ne mène jamais à une nation stable. Il exige la libération immédiate et inconditionnelle de tous les opposants interpellés et appelle la société civile, les défenseurs des droits humains et la communauté internationale à se mobiliser contre cette régression politique.

Le Parti Les Transformateurs pour sa part, insiste sur le respect des droits fondamentaux et condamne l’arbitraire au Tchad. Le parti dénonce l’arrestation annoncée de plusieurs leaders politiques (Prof Avoksouma Djona, Max Kemkoye, Neatobeye Bidi Valentin et d’autres), en rappelant que ces pratiques font écho à l’arrestation arbitraire du Président Succès Masra depuis le 16 mai 2025. Il souligne enfin que la violence et la brutalité ne peuvent pas faire progresser le pays vers l’unité, la justice et l’égalité attendues par les tchadiens.

Le Parti Réformiste quant à lui, condamne fermement l’interdiction répétée des marches pacifiques depuis l’avènement de la cinquième République, ainsi que des interdictions visant des partis politiques. Il dénonce en particulier l’interdiction prévue autour de la marche du GCAP du 2 mai 2026. Le PR critique aussi l’usage de la justice comme moyen de répression contre les partis politiques et certaines organisations de la société civile. Selon lui, « ces pratiques portent atteinte aux libertés fondamentales et empêchent la construction d’une démocratie participative au Tchad, risquant même de ramener le pays à des périodes d’autoritarisme ». Le Parti appelle le gouvernement à ouvrir rapidement l’espace politique et demande aux autorités de garantir le droit de manifester pacifiquement, présenté comme une liberté garantie par la Constitution.

Le Parti Socialiste sans Frontières (PSF) et Le Pacte des Bâtisseurs dénoncent avec la plus grande fermeté une nouvelle escalade dans la « terreur d’État » imposée au peuple tchadien. « Le régime de Mahamat Idriss Déby n’est plus dans l’ambiguïté: il gouverne désormais par la peur, par la violence et par l’élimination systématique de toute voix dissidente », ont-ils souligné, citant des « assassinats politiques, arrestations arbitraires, disparitions, intimidation des familles ». Selon eux, « après l’assassinat de Yaya Dillo Djérou Betchi et l’emprisonnement arbitraire de Dr Succès Masra, le régime franchit un nouveau cap dans l’horreur en s’attaquant aux dernières figures debout de l’opposition ».

Pour la Coalition pour Sauver la Démocratie au Tchad (COSADT), cet arrêt de la cour suprême relève d’une « dérive dictatoriale », car il ne viserait pas le droit mais une volonté politique contre l’opposition. Elle affirme que, dans ce contexte, « la justice serait instrumentalisée, le débat politique criminalisé et la volonté populaire ignorée, parlant d’une dictature institutionnalisée ». La COSADT demande donc la libération des détenus, le rejet de l’arrêt contre le GCAP, la levée de l’interdiction du GCAP, ainsi que le respect de la liberté d’association et de réunion.

Le Parti Tchad Uni exprime son inquiétude face aux arrestations de leaders des partis politiques membres du GCAP. Il condamne ces actes, exige la libération immédiate des responsables de l’opposition arrêtés, et dénonce la dégradation de la situation politique au Tchad, attribuée au système qui selon lui, mis en place par le MPS et ses alliés. Le parti Tchad Uni dit réaffirmer ensuite sa solidarité envers les partis partenaires de l’opposition démocratique qui subissent ces arrestations et appelle les autorités à préserver l’État de droit et la démocratie, en garantissant la sécurité et le respect des droits des responsables politiques, dans le cadre de la légalité républicaine et d’une lutte pacifique.

Adoum Noël

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