Après l’Assemblée Générale exceptionnelle des magistrats s’est tenue ce jour pour discuter des déclarations controversées du Ministre de la Sécurité Publique et de l’Immigration, tenues le 22 mai dernier à N’Djamèna. Les magistrats, réunis en unisson, ont condamné ces propos qu’ils jugent attentatoires à leur dignité et irrespectueux envers l’institution judiciaire. Le président de la République Mahamat Idriss Deby Itno a clarifié la déclaration du ministre.

Le président de la République, Mahamat Idriss Deby Itno, a tenté de clarifier la situation, affirmant que les déclarations du ministre n’étaient ni une critique de la justice ni des magistrats. Le chef de l’État a réaffirmé l’importance de la liberté d’expression dans une démocratie, tout en insistant sur le respect des lois en vigueur. Toutefois, cette clarification n’a pas apaisé les tensions, et les magistrats maintiennent leur intention de poursuivre le ministre pour ses propos jugés diffamatoires et constitutifs d’outrage.

Au cours des débats, les magistrats ont fait référence à plusieurs articles du Code Pénal, soulignant que les déclarations du ministre empiètent sur le bon fonctionnement de la justice et portent atteinte à l’intégrité du corps judiciaire. Ils ont également interpellé le Chef de l’État pour garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire, comme le stipule l’article 157 de la Constitution du Tchad.

Dans un message publié sur sa page officielle, le président Deby a souligné l’importance de la critique constructive, affirmant que celle-ci est essentielle pour préserver les valeurs démocratiques. Il a également rappelé son engagement à renforcer la séparation des pouvoirs, en indiquant que le président ne présiderait plus le Conseil supérieur de la magistrature. « Le syndicalisme est un élément fondamental de notre démocratie, mais il ne doit pas justifier des comportements contraires aux valeurs de justice et d’éthique », a-t-il déclaré, tentant de pacifier les tensions entre le gouvernement et le corps judiciaire.

Alors que la plainte contre le ministre est toujours en cours d’examen par la justice, aucune réponse officielle n’a encore été donnée. Les magistrats ont accordé un délai de dix jours aux bureaux exécutifs pour assurer le suivi des points soulevés, renforçant ainsi la pression sur l’administration pour qu’elle prenne position sur cette affaire délicate.

Adoum Noël

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