
Une opération de fouille exceptionnelle menée à la maison d’arrêt de Klessoum de N’Djamena a mis au jour un trafic d’une ampleur inédite. La commission mixte des forces de l’ordre a saisi 425 téléphones portables, des récepteurs Starlink, des ordinateurs, mais aussi un arsenal d’armes blanches et de machettes dissimulé dans les cellules.
Les détenus ne se contentaient plus de simples communications, grâce à Starlink, ils bénéficiaient d’une connexion internet haute vitesse, permettant potentiellement de coordonner des activités criminelles extérieures. Parallèlement, les fouilles ont révélé des stocks conséquents de stupéfiants, drogues, comprimés et « colos », soigneusement cachés dans les matelas et les recoins des quartiers.
Cette saisie sans précédent interpelle sur la perméabilité des établissements pénitentiaires aux technologies modernes. Comment ces équipements onéreux ont-ils pu franchir les multiples contrôles ? Le parquet a ordonné une enquête approfondie pour remonter les filières d’approvisionnement. Les syndicats de surveillants dénoncent un sous-effectif chronique qui fragilise la sécurité. Pour l’heure, plusieurs détenus ont été placés en garde à vue, tandis que l’administration promet un renforcement des dispositifs de brouillage et de détection. Un coup de semonce dans la guerre contre l’économie carcérale parallèle.
Azibert Moussa