Dans une affaire qui secoue le paysage politique tchadien, le Sénateur Abderaman Koulamallah a décidé de saisir le procureur de la République suite aux déclarations controversées du député Takilal Ndolassem. Ce dernier a affirmé dans une vidéo, avoir été confronté à des demandes d’argent en échange d’audiences avec le Président de la République, suscitant une onde de choc au sein des institutions.

Dans sa demande, Abderamane Koulamallah évoque les propos du député, qui a déclaré, « avoir formulé dix-sept demandes d’audience, restées lettre morte. Takilal Ndolassem soutient qu’un montant de cinq millions de francs CFA lui aurait été demandé par des intermédiaires pour accéder au Chef de l’État ». Ces accusations, relayées par la presse et les réseaux sociaux, ont provoqué une polémique intense, mettant en question la transparence des processus gouvernementaux, a indiqué le sénateur.

En réponse, dans un communiqué publié hier, le cabinet civil de la Présidence a rapidement démenti ces allégations, les qualifiant de mensongères et nuisibles à l’honneur de ses collaborateurs. Cette réaction souligne la gravité des accusations et la nécessité d’une clarification judiciaire, tout en poursuivant l’auteur.

Le Sénateur Koulamallah, soucieux de préserver l’intégrité des institutions, estime qu’il est primordial d’établir la vérité sur ces allégations. Il appelle ainsi à l’ouverture d’une enquête préliminaire pour déterminer la véracité des faits. Dans sa demande, il a précisé que cette démarche vise à obtenir une transparence totale dans une affaire qui touche à la probité des institutions.

Réagissant sur cette affaire sur sa page officielle, l’ancien bâtonnier au barreau du Tchad, Me Djerandi Dionro Laguerre, a quant à lui remis en question les motivations derrière cette saisine judiciaire. Il s’interroge sur la possibilité que cette démarche soit davantage une manœuvre médiatique qu’une véritable quête de justice. En publiant sa demande avant même qu’elle ne soit enregistrée par le parquet, l’auteur pourrait, selon lui, chercher à influencer l’opinion publique plutôt qu’à faire avancer une procédure judiciaire?

Les conséquences de ce conflit pourraient être multiples. Dans une des réponses sur sa page officielle, le sénateur Koulamallah souligne d’une part, si les accusations de Takilal Ndolassem s’avèrent fondées, cela pourrait entraîner des poursuites contre les auteurs de cette prétendue tentative d’escroquerie. D’autre part, si ces accusations se révèlent infondées, le député pourrait faire face à des accusations de diffusion de fausses nouvelles.

Dans l’attente de l’issue de cette affaire, la balle est dans le camp du parquet, qui devra décider s’il va approuver ou classer sans suite la plainte formulée par le sénateur.

Adoum Noël

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