L’ONG La voix de la femme a officiellement lancé la 7ème édition des seize jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et filles dans la province du Guéra sous le thème : «Unissons-nous pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles», ce 24 novembre 2025 dans la commune urbaine de Mongo.

La cérémonie a rassemblé plusieurs responsables administratifs, politiques, le conseil communal, le conseil provincial, les parlementaires du département du Guéra… 

La sénatrice de la province du Guéra, Dr. Banata Tchale Sow, a relevé que la violence faite aux femmes n’est pas seulement une question de droits humains. «C’est une menace directe contre notre stabilité sociale, notre cohésion et notre développement économique», a-t-elle déclaré. Comment une communauté peut-elle prospérer lorsque la moitié de ses membres vit dans la peur? S’interroge la sénatrice, avant d’ajouter qu’elle connait les réalités des villages, cantons et quartiers du Guera «Dans trop de foyers, des femmes sont battues. Dans trop de familles, des jeunes filles sont retirées de l’école pour être mariées. Dans trop de situations, la honte, la peur ou la dépendance empêchent les victimes de parler. Ces violences détruisent des vies, mais aussi l’avenir économique et social de tout le Guéra», dit-elle.

La coordinatrice de l’ONG Amina Tidjani, a déclaré que, «la violence numérique se manifeste sous forme de cyberharcèlement, de chantage sexuel, de partage non autorisé d’images, de menaces, de vol d’identité et de manipulation numérique». Pour elle, ces actes ont des répercussions sévères sur les individus, isolent les jeunes filles et déstabilisent les familles, affectant particulièrement les femmes et les filles dans des régions comme le Guéra, qui sont souvent non protégées et non soutenues.

Le Délégué général du gouvernement auprès de la province du Guera Abdoulaye Ibrahim Siam a souligné que le thème de cette édition est révélateur et appelle à la responsabilité collective celle de la prise de conscience et de la mobilisation de tous pour mener une guerre sans merci contre ce mal qui gangrène le Tchad en général et la Province du Guera en particulier. «De nos jours, les violences numériques constituent une nouvelle menace sérieuse pour nos communautés. Elles se caractérisent par le cyberharcèlement, le chantage, la diffusion non consentie d’images, de la manipulation en ligne des fausses informations, de l’usurpation d’identité dont le seul objectif est de nuire à la dignité des femmes et des filles». Il poursuit, «les femmes sont à la fois nos mères, nos épouses et jouent un rôle primordial dans nos sociétés. Elles sont des consolatrices dans des situations conflictuelles, leurs contributions pour l’établissement de la paix durable, de la cohésion sociale et de la cohabitation pacifique sont multiformes et perceptibles», a-t-il laissé entendre.

Après la fin de la cérémonie des 16 jours d’activisme, l’ONG a également lancé la 8ème édition de la campagne «Ma Fille va à l’école», a l’issue de laquelle, 400 kits scolaires ont été distribués aux élèves orphelins, démunis ou issus de milieux modestes dans divers établissements publics de la ville de Mongo.

Idriss Mamadou Brahim, Mongo-Flashtchad.com

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