La province du Ouaddaï, à l’Est du Tchad, endure un déficit pluviométrique alarmant qui génère de vives préoccupations parmi ses habitants. En cette saison des pluies, les précipitations demeurent insuffisantes, menaçant gravement l’agriculture, l’élevage et les réserves en eau de la localité.

Face à cette crise, les autorités religieuses musulmanes ont lancé un appel aux fidèles pour qu’ils se rassemblent et accomplissent la prière d’Istisqâ, une supplication collective visant à implorer Allah pour une pluie bienfaisante et généreuse. Cet acte de foi a réuni de nombreux croyants, animés par l’espoir d’un changement climatique favorable.

Cheikh Adam Maazal Djada, membre du Conseil national des affaires islamiques du Ouaddaï, a souligné l’importance de cette initiative : « Nous avons demandé aux fidèles de sortir massivement pour la prière d’Istisqâ afin d’invoquer Allah pour qu’il accorde une pluie abondante, mais jusqu’à présent, sans résultat. Nous attendons ce qu’Allah décidera. » Cette déclaration reflète à la fois l’inquiétude et la résignation des leaders religieux face à la persistance de la sécheresse.

Pour les habitants d’Abéché, le manque prolongé de pluie soulève des craintes quant à la prochaine campagne agricole. La vulnérabilité des producteurs est accentuée par le fait que l’agriculture dans le Ouaddaï repose quasi exclusivement sur les pluies saisonnières. Mahamat Saleh Bourma, cultivateur d’arachide à Arboudji, exprime son désespoir déclarant que, « nous avons semé l’arachide dès les premières pluies, mais depuis plusieurs jours, la pluie ne revient plus. Si cela persiste, nous perdrons une grande partie de notre production. »

Dans la même ordre d’idée que les précédents, les producteurs de mil partagent également cette inquiétude. Adam Moussa, agriculteur de son état, affirme que, « le mil a besoin de pluies régulières. Aujourd’hui, les champs jaunissent et nous craignons une récolte très faible cette année. »

Au-delà des pertes agricoles, les conséquences économiques sont redoutées. Les habitants anticipent une hausse des prix des céréales sur les marchés, une diminution des réserves alimentaires et une aggravation des difficultés pour les familles rurales. Une saison difficile pourrait également compromettre l’élevage, en raison du manque de pâturages et du tarissement précoce des mares.

Plusieurs études sur le Tchad démontrent que les déficits de pluie entraînent souvent une baisse des rendements agricoles et une pression accrue sur les moyens de subsistance des populations rurales. Dans l’attente d’éventuelles nouvelles précipitations, les cultivateurs gardent espoir. Beaucoup multiplient les prières tout en appelant à des mesures de soutien pour atténuer les effets d’une saison qui s’annonce particulièrement difficile.

Alors que la population d’Abéché espère un changement, tous les regards restent tournés vers le ciel, dans l’attente d’une amélioration des conditions météorologiques qui pourrait alléger le fardeau de milliers de familles.

Ahmat Abderamane Kikigne Abéché-Flashtchad.com

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