
L’opposition démocratique tchadienne, dirigée par Pahimi Padacké Albert, a exprimé sa stupéfaction face à l’annonce faite par le Gouvernement de la République du Tchad le 27 juillet 2026, concernant le retrait du pays du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision, d’une portée historique, soulève des inquiétudes quant à l’image internationale du Tchad et à son engagement envers les principes de justice et de lutte contre l’impunité.
L’Opposition dénonce le caractère unilatéral de cette décision, qui, selon elle, ne devrait pas être prise sans un large consensus national. Elle appelle à un débat inclusif impliquant toutes les forces politiques, la société civile et la représentation nationale, affirmant que les engagements internationaux de l’État méritent une discussion approfondie.
Le gouvernement justifie son retrait par une prétendue sélectivité de la CPI envers les États africains. Bien que certaines critiques sur le fonctionnement de la Cour aient été formulées, l’Opposition estime que cela ne justifie pas le retrait du Tchad. Elle rappelle que la CPI a ouvert treize enquêtes depuis sa création, dont neuf concernent des États africains, et souligne que le Tchad a été touché par le dossier d’Omar el-Béchir, l’ancien président soudanais, poursuivi pour génocide au Darfour.
L’Opposition plaide pour une réforme de la CPI plutôt que pour un retrait, arguant que le système judiciaire national n’est pas en mesure de remplacer la Cour en raison des dérives politiques et des violations des droits humains persistantes au Tchad. Pour les populations, « le maintien du Tchad dans le Statut de Rome est perçu comme un gage de protection contre l’impunité. »
La crédibilité internationale du Tchad dépend également du respect de ses engagements conventionnels. À un moment où le pays cherche à renforcer ses partenariats et sa stabilité, cette décision pourrait être interprétée comme un recul dans son engagement envers la justice internationale.
Face à cette situation, l’opposition démocratique tchadienne déplore le retrait du Tchad du Statut de Rome et appelle à la suspension de cette procédure. Elle insiste sur l’importance d’un dialogue constructif avec les partenaires africains et internationaux pour améliorer la justice pénale internationale, tout en réaffirmant son attachement aux valeurs fondamentales de justice et de responsabilité.
Adoum Noël