
Dans la soirée du 23 juillet 2026, la plateforme en ligne Skem a plongé des milliers de souscripteurs tchadiens dans l’inquiétude, lorsqu’ils ont constaté que leurs comptes étaient bloqués au moment de retirer leurs fonds. Les investisseurs, ayant engagé des sommes variant entre 120 000 et plus 1 000 000 FCFA, se retrouvent désormais dans l’incapacité d’accéder à leur argent, générant une onde de choc à travers le pays. Reportage.
Le prêtre Madou Simon Pierre n’a pas tardé à réagir à cette situation alarmante. « Je reste sur mes pieds et je m’interroge : où sont souvent partis nos célèbres renseignements qui voient tout du pays ? Hier c’était une certaine Cryptomonnaie, aujourd’hui c’est la Skem; sous nos yeux dans un pays très renseigné ! Les escroqueries pareilles n’arrivent pas fréquemment dans des pays sérieux avec autorité de l’État », a-t-il déclaré. Son intervention souligne la frustration grandissante face à l’inaction apparente des autorités.
Interrogé sur cette question, une victime de SKEM, ayant requis l’anonymat, affirme avoir investi 600 000 FCFA. « Au début, ça marchait bien, mais c’est une arnaque pour escroquer les jeunes tchadiens. » Il appelle le gouvernement à mener une enquête afin d’identifier les personnes qui se cachent derrière ce réseau d’escroquerie.
Une autre commerçante du marché Taradona, souhaitant garder l’anonymat, déplore l’escroquerie de la somme de 120 000 FCFA. « Les arnaqueurs m’ont convaincue en me mettant la pression pour m’inscrire et gagner plus après », a-t-elle témoigné.
Dans un contexte de confusion exacerbée, les opérateurs de paiement mobile Moov Africa et Airtel Money ont rapidement tenu à préciser qu’ils n’étaient liés à aucun programme d’investissement de ce type, « malgré les transferts facilités depuis le mois d’août », a indiqué une source. Cette clarification a renforcé l’incertitude entourant la légitimité de Skem.
Pour compliquer davantage la situation, Skem a annoncé une exigence jugée illégale : un paiement supplémentaire équivalent à 50 % du montant investi, censé « authentifié » les comptes des utilisateurs. Cette mesure a suscité l’indignation et l’inquiétude des investisseurs, qui craignent une suspension définitive de leurs comptes s’ils ne s’exécutent pas.
Dans un pays où la régulation des plateformes de financement est cruciale, cet épisode soulève des questions sur la surveillance et la protection des consommateurs. La confiance des jeunes tchadiens envers les services en ligne est mise à mal, d’abord victimes de bitcoin, ensuite SKEM, le scandale pourrait bien être le catalyseur d’une réflexion plus large sur la nécessité d’un cadre juridique robuste pour prévenir de telles dérives à l’avenir.
Adoum Noël