
Lors d’une intervention, le Premier Ministre Sénégalais Ousmane Sonko a vivement critiqué le système éducatif africain, le jugeant inadapté aux réalités du continent, en particulier à cause de l’usage dominant des langues étrangères dès les premières étapes de l’apprentissage.
Selon le chef du gouvernement sénégalais, un jeune africain peut perdre entre cinq et huit années de sa scolarité simplement à maîtriser une langue étrangère, au détriment des apprentissages fondamentaux. « Pendant que le jeune coréen, formé dans sa langue maternelle, progresse en mathématiques et en technologie, le jeune africain est encore en train d’apprendre une langue », a-t-il déploré.
Sonko estime que l’Afrique constitue une exception mondiale en matière d’éducation. « C’est le seul continent qui alphabétise en langue étrangère », a-t-il affirmé, plaidant pour une généralisation de l’enseignement dans les langues nationales, au moins dans les premières années de formation. Pour lui, les langues internationales doivent intervenir à un stade plus avancé, afin de favoriser l’ouverture au monde sans compromettre les bases éducatives..
Au-delà de la question linguistique, le numéro 2 Sénégalais pointe également un problème d’orientation du système éducatif africain. Il regrette la faible production de profils scientifiques et techniques, pourtant indispensables au développement. « On ne peut pas construire un développement uniquement sur la littérature. C’est important, mais largement insuffisant », a-t-il insisté, appelant à une réforme en profondeur pour former davantage de techniciens et de scientifiques.
Pour Ousmane Sonko, la valorisation des langues nationales et la réorientation des filières éducatives constituent des leviers majeurs pour accélérer le développement du continent. Il appelle ainsi à un changement de paradigme, axé sur le pragmatisme, l’efficacité et l’adéquation entre formation et besoins réels des économies africaines.
Adoum Conseiller