Les magistrats tchadiens ont décidé d’agir contre le Ministre de la Sécurité Publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache, en déposant une plainte officielle auprès du Procureur Général près la Cour d’Appel de N’Djamena. Cette initiative fait suite à des déclarations controversées faites par le ministre le 24 mai 2025, jugées outrageuses et attentatoires à la dignité de la justice.

Les bureaux exécutifs du Syndicat des Magistrats du Tchad et du Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad ont exprimé leur indignation face aux propos du ministre, qui incitent à la destruction de décisions judiciaires. Lors d’une réunion, le Ministre de la sécurité Ali Ahmat Aghabache a suggéré que ses services déchirent des fausses ordonnances et les jettent à la figure des bénéficiaires, où. bien il fera lui-même. Cette déclaration a été largement relayée sur les réseaux sociaux, où elle a provoqué une vive réaction de la part de la communauté judiciaire et du public.

Les syndicats de magistrats estiment que de telles déclarations constituent des infractions graves, notamment des discriminations publiques sur des actes judiciaires, de l’outrage et de la diffamation envers un corps constitué, ainsi qu’un empiètement sur le bon fonctionnement de la justice. Ils invoquent les articles 527 et 528 du Code de Procédure Pénale pour demander l’ouverture de poursuites judiciaires à l’encontre du ministre.

Dans leur plainte, les magistrats insistent sur la nécessité de préserver la dignité, l’indépendance et l’autorité de la justice au Tchad. Les articles 142, 144 et suivants du Code Pénal sont également cités pour souligner la gravité des infractions alléguées.

Adoum Noël

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