Ce mercredi 11 mars 2026, l’Assemblée Nationale du Sénégal a adopté une loi qui renforce les peines de prison pour les relations homosexuelles, les faisant passer de cinq à dix ans. Le texte a été voté à l’unanimité, avec 135 voix en faveur, et inclut également des sanctions pénales contre la promotion de l’homosexualité.

Comme dans plusieurs États d’Afrique, le durcissement de la législation homophobe est une revendication récurrente depuis plusieurs années. À coups de manifestations de rue, les associations religieuses de ce pays à majorité musulmane réclament la criminalisation de l’homosexualité actuellement un délit, sur la base d’une propagande qui en fait un instrument des Occidentaux pour imposer des valeurs prétendument étrangères. «Le Sénégal est un pays ouvert au monde. Mais cette ouverture ne peut justifier que nous renoncions à nos valeurs», a ainsi déclaré le ministre de l’Intérieur sénégalais, Mouhamadou Bamba Cissé, lors de l’examen du texte qu’il a qualifié le texte de « belle loi ».

L’adoption de cette nouvelle législation se déroule dans un contexte marqué par de nombreuses arrestations d’homosexuels présumés, accusées d’« actes contre nature », de pédophilie ou de transmission volontaire du VIH. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) met en garde, « Cette loi détruit près de vingt ans de politiques publiques de santé adaptées aux besoins des personnes LGBTIQ+ au Sénégal. La diffusion du statut sérologique de certains accusés dans les médias et les pratiques de dépistage forcé portent atteinte à leurs droits fondamentaux », dit-elle.

Ce climat a alimenté un débat particulièrement virulent à l’Assemblée nationale de Dakar. «Les homosexuels ne respireront plus dans ce pays. Les homosexuels n’auront plus de liberté d’expression dans ce pays… Ça suffit, nous avons des valeurs», a ainsi proclamé à la tribune la Députée Diaraye Ba, du parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Éthique et la Fraternité (PASTEF), fondé par le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait fait du durcissement de la loi contre l’homosexualité un argument électoral.

Noël Adoum

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