
Le Tchad prévoit d’envoyer plus de 500 policiers et gendarmes en Haïti d’ici juin 2026 pour participer à une force internationale visant à appuyer la police haïtienne dans la lutte contre les gangs armés a indiqué Reuters citant un responsable de la police nationale.
Cette annonce survient alors que la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMS), lancée en 2024 sous l’égide de l’ONU, initialement promise à 2 500 hommes, ne compte aujourd’hui que 1 000 policiers kényans et quelques soldats jamaïcains un effectif largement insuffisant face à l’ampleur de la crise sécuritaire haïtienne.
Les gangs ont continué d’étendre leur emprise à Haïti, en contrôlant notamment des axes maritimes et routiers clés, dans un contexte de violence meurtrière persistante, a indiqué mardi le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, relevant que la violence implique également des forces de sécurité, des sociétés de sécurité privées et des groupes d’autodéfense.
Le rapport souligne que dans cette politique d’expansion, ces gangs ont terrorisé la population en commettant des meurtres et des enlèvements, en se livrant à la traite d’enfants, en commettant des vols aux postes de contrôle illégaux, en extorquant de l’argent aux entreprises et en détruisant et saccageant des biens publics et privés.
Selon des données vérifiées par le Haut-Commissariat, au moins 5.519 personnes ont été tuées en Haïti entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026 dont au moins 1.424 morts par les violences perpétrées par les gangs. Les opérations menées contre les gangs par les forces de sécurité ont causé la mort d’au moins 3.497 personnes et blessé 1 742 autres. Et les attaques menées contre les gangs par des groupes d’autodéfense ont causé la mort d’au moins 598 personnes et blessé 76 autres.
Par ailleurs, au moins 1.571 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles, principalement de viols collectifs, entre le 1er mars 2025 et le 31 décembre 2025.
L’ONU souligne que des initiatives sont prises par le Conseil de sécurité, notamment la création d’une nouvelle Force de répression des gangs (FRG), une mission multinationale qui devrait compter 5 500 soldats et policiers, y compris ceux du Tchad. Cette force a pour objectif de combattre les gangs qui sèment le chaos en Haïti.