
La section provinciale du Syndicat des enseignants du Tchad (SET) a tenu une assemblée générale extraordinaire ce samedi, 16 mai 2026 à l’école du Centre de N’Djamena, marquée par des revendications pressantes. Les enseignants réclament le reversement des salaires retenus et la signature d’un protocole d’accord avec le gouvernement, en suspens depuis trop longtemps.
Abdelkadre Djibia, Secrétaire Général du SET provincial, a dénoncé la lenteur administrative du gouvernement suite au décret N°2850, censé apporter des avantages aux enseignants. « Le protocole d’accord, indispensable pour rendre ce décret effectif, n’a jamais été signé. C’est le véritable goulot d’étranglement », a-t-il déclaré, soulignant l’oubli du chronogramme de 45 jours promis pour la signature.
Les enseignants, qui avaient suspendu leur grève en février par souci de responsabilité, sont déçus de la gestion du gouvernement. « Nous avons jeûné pendant les mois saints sans ressources. En mars, nous n’avons reçu qu’un mois et demi de salaire, avec des ponctions injustifiées », a ajouté Abdelkadre Djibia. Cette situation, selon les membres du SET, met en péril non seulement leur subsistance, mais aussi celle de leurs familles.
Malgré des promesses des plus hautes autorités de l’État, les enseignants affirment que rien n’a été fait pour résoudre leurs problèmes. Ils se disent dupés et prennent à témoin l’opinion nationale et internationale, réclamant une fois de plus le reversement immédiat de leurs salaires et la signature du protocole d’accord prévu pour le 3 avril 2026 alors qu’ils sont au mois de mai. « Comment peut-on parler de crédibilité quand il n’y a eu aucune avancée depuis ? », s’interroge Abdelkadre Djibia.
Le Syndicat, après avoir multiplié les démarches auprès des autorités, se heurte à un statu quo. Ils demandent solennellement au gouvernement de prendre ces revendications au sérieux afin de mettre fin à cette crise. Cette période de turbulence a également révélé des divisions au sein de la corporation. Le Secrétaire Général a identifié trois profils parmi leurs camarades notamment, ceux qui agissent comme représentants du gouvernement, ceux qui protègent leur propre poste, et ceux en quête de nomination. Ces comportements, selon lui, font obstacle à l’unité et à l’épanouissement des enseignants.
Face à ces défis, le SET appelle à la cohésion et à l’union parmi les enseignants de N’Djamena, affirmant que seule une action collective pourra faire bouger les lignes.
Adoum Noël