Invité de Vox‑Africa, Pascal Confavreux, porte‑parole du Quai d’Orsay, a livré une analyse sans concession de la présence russe sur le continent. Alors que Paris cherche à redéfinir ses relations avec l’Afrique, il a fustigé l’incapacité de Moscou à soutenir ses partenaires.

Interrogé sur la montée en puissance de nouvelles puissances (Russie, Chine, Turquie), Confavreux a balayé l’idée d’un recul français. « La Russie a montré qu’elle n’était pas capable de soutenir ses alliés. Elle a connu des revers en Syrie et en Iran, et sa présence réelle en Afrique est bien moindre qu’annoncée », a‑t‑il martelé. Selon lui, les investissements directs français sur le continent sont dix fois supérieurs à ceux de Moscou. La France reste le premier partenaire européen de l’Afrique avec 65 milliards d’euros d’échanges et plus de 500 000 emplois créés par ses filiales.

Le porte‑parole a également défendu le renouveau de la politique africaine de Paris, lancé en 2017 par Emmanuel Macron : restitutions de biens culturels, commissions historiques avec le Rwanda ou le Cameroun, retrait de la France des instances du franc CFA. « Il n’y a plus de paternalisme. Nous voulons des partenariats d’égal à égal, centrés sur la jeunesse, la technologie et la culture », a‑t‑il insisté.

Concernant les pays comme le Mali ou le Burkina Faso, aux relations tendues avec Paris, Confavreux a nuancé, « La France a des liens très forts avec une immense majorité des 54 pays africains. Il ne faut pas réduire le reste du continent à quelques situations difficiles. » Un message clair, alors que s’ouvre à Nairobi le sommet Africa Forward, placé sous le signe des sociétés civiles et des coopérations mutuellement bénéfiques.

Azibert Moussa

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