
Dix-huit mois après son entrée en fonction, le Premier ministre Manuel Osa Nsue Nsua a présenté, ce mardi, la démission collective de son gouvernement au président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. La raison invoquée : un taux de réalisation des objectifs fixés qui n’atteint que 10 %.
L’annonce a été officialisée par Teodorín Nguema Obiang, le Vice-président, sur son compte X, soulignant que cette décision s’inscrit dans le cadre d’une gestion publique responsable, où les résultats sont essentiels. Il a précisé que le gouvernement avait reçu d’importantes ressources humaines, matérielles et financières et qu’il était impératif de répondre aux besoins de la population. Cette démission n’est pas un fait isolé : en juillet 2024, le gouvernement de Manuela Roka Botey, première femme à occuper le poste de Premier ministre en Guinée équatoriale, avait déjà été contraint de démissionner pour des raisons similaires, en raison de l’« incapacité collective » face à des enjeux majeurs tels que l’économie, la cohésion sociale et la lutte contre la corruption.
Manuel Osa Nsue Nsua, auparavant directeur de la Banque nationale (BANGE), avait été nommé à la tête du gouvernement en août 2024. Ce nouveau départ est d’autant plus significatif dans un pays qui peine à transformer ses ambitions de diversification économique en résultats tangibles. La Guinée équatoriale s’appuie sur l’Agenda Guinée Équatoriale 2035 pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, tout en développant des secteurs tels que l’agriculture, la pêche, le tourisme et les infrastructures.
Malgré des initiatives récentes, comme la stratégie de lutte contre le paludisme et une nouvelle approche en propriété intellectuelle, les indicateurs macroéconomiques et les conditions de vie des près de 1,9 million d’habitants demeurent préoccupants. La démission en bloc met en lumière la culture de responsabilité promue par le régime de Malabo, tout en soulevant des questions sur la continuité des politiques publiques. Chaque changement de gouvernement semble imposer une période d’ajustement qui peut freiner une action structurelle nécessaire.
Les observateurs se tournent désormais vers la désignation d’un nouveau Premier ministre et la formation d’un gouvernement, qui, pour la troisième fois en six ans, devra tenter de relancer une transformation économique qui se fait encore attendre.
Adoum Noël